PARIS, 13 octobre 2026. La révolte lycéenne ne désarme pas. Pour son acte V, mardi, 480 000 personnes ont manifesté en France et selon Laurent Nunez : 161 500. Une mobilisation forte et toujours nationale, quatre semaines après les premiers blocages. À quelques jours des vacances scolaires, les jeunes refusent de ranger leurs revendications au placard.
À Paris, Jean-Luc Mélenchon a rejoint le cortège, acclamé par les manifestant·es. Sur X, le leader insoumis accuse les policiers de poursuivre les jeunes « pour les frapper et les blesser ». Il salue leur courage et dénonce le traitement médiatique des violences policières.
La hargne médiatique s’essouffle dans son invisibilisation des violences policières. Le ministre s’essouffle à fermer les lycées. Les policiers s’essoufflent à courir derrière les jeunes pour les tabasser et les blesser. Seuls les jeunes ne s’essoufflent pas à protester courageusement. Casques et brassards blancs, à vos postes !
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 13, 2026
Greta Thunberg s’est également mobilisée, à Saint-Denis. La militante écologiste suédoise, devenue une figure internationale de la contestation climatique, apporte ainsi son soutien à une jeunesse qui réclame davantage de moyens pour l’éducation et refuse de voir son avenir décidé sans elle.
[VIDEO] BLAST : « F*ck the police » : Greta Thunberg à Saint-Denis en soutien aux lycéens
« F*ck the police » : Greta Thunberg à Saint-Denis en soutien aux lycéens
La militante suédoise était présente devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis ce mardi 13 octobre, en soutien à la mobilisation lycéenne qui entame sa troisième semaine consécutive. https://t.co/MNbAgXnvBF
— BLAST, Le souffle de l’info (@blast_france) October 13, 2026
La fracture politique s’élargit
La fracture politique s’élargit. Marine Le Pen dénonce les violences commises lors des manifestations et réclame que les responsables des dégradations, ou leurs parents lorsqu’ils sont mineurs, paient les réparations. Une orientation reprise dans un projet de loi gouvernemental. Et pendant ce temps, Sébastien Lecornu promet de prendre « les jeunes au sérieux », mais renvoie ses premières décisions à la fin octobre. Son ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, avait annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants et avec la promesse de leur affectation entre le vendredi 9 et le mardi 13 octobre… Quid ce de ces affectations ? Le gouvernement compte les manifestant·es. Les lycéen·nes comptent les professeur·es qui manquent à l’appel.
Sébastien Lecornu, lui, espère le retour au calme. « Manifester est leur droit le plus strict », concède le Premier ministre, avant de préciser : « mon aspiration profonde, c’est que chacun puisse retourner en cours devant ses professeurs. » Il assure ne pas miser sur l’essoufflement du mouvement. À suivre : comment compte-t-il répondre aux revendications des lycéen·nes, alors que les arbitrages budgétaires se profilent ?
Rendez-vous samedi 17 octobre
Les lycéen·nes réclament toujours 10 milliards d’euros, des moyens humains, des bâtiments dignes de ce nom et la fin de la sélection par Parcoursup. Leur colère dépasse désormais les établissements scolaires : un nouvel appel à manifester contre la vie chère est lancé pour samedi 17 octobre.
À Montpellier, quelque 7 000 personnes ont défilé ce mardi 13 octobre, selon Le Poing. Parti de la place Albert-1er, le cortège a rejoint Antigone, où des CRS barraient l’accès au Polygone. Lycées bloqués à Joffre, Mermoz, Clemenceau et Jules-Guesde, campus universitaires mobilisés : la contestation s’étend.
[VIDEO] SCUM : Énorme mobilisation dans les rues de Montpellier
Énorme mobilisation dans les rues de Montpellier ! Des milliers d’étudiant•es et de lycéen•es sont déterminés à obtenir des réponses à leurs revendications sans quoi ils ne s’arrêteront jamais ! La lutte continue ! https://t.co/2N9sFftO7S
— SCUM – Montpellier (@scum34) October 13, 2026
