L’hommage du vice à la vertu

Sète, Hervé Marquès et Vincent Sabatier - Photo - PLURIELLE INFO
Sète, Hervé Marquès et Vincent Sabatier - Photo - PLURIELLE INFO

Le petit roquet du conseil municipal de Sète, également adjoint aux travaux (incapable d’en chiffrer les montants « avant qu’ils soient achevés »), est connu pour ses saillies de comptoir souvent injurieuses ou sexistes à l’égard de ses opposant·es.

Comme bon nombre de médiocres en politique, Vincent Sabatier s’imagine qu’il suffit de cracher « LFI » pour disqualifier son interlocuteur et s’attirer les sympathies des bêtas que les médias s’attachent à abreuver de mensonges, de haines et de peurs les plus diverses.

C’est ainsi que ce fervent soutien de Marques, après avoir été le chien de garde de Commeinhes, s’en prend sur les réseaux sociaux à Laura Seguin, élue d’opposition et tête de la liste « Nouvelles Pages pour Sète », affublée à son corps défendant du qualificatif « LFIste ». Et ça déjà, c’est censé faire très très peur. Mais l’épouvantail que brandit l’éternel aboyeur dans son post, c’est le droit de réquisition des logements vacants, ainsi que l’encadrement des loyers et la lutte contre les expulsions, que la députée de Montpellier Nathalie Oziol réclame pour sa ville. L’adjoint aux travaux s’effraie à la perspective qu’une telle proposition de justice puisse s’inviter à Sète, via Laura Seguin qui, c’est vrai, n’a pas ménagé ses efforts durant tout son mandat pour défendre le droit au logement.

Et pourtant, rien de bien révolutionnaire dans ce droit de réquisition. Il est prévu dans le Code de la Construction et de l’Habitation pour faire face à une crise manifeste . Cette réquisition n’est que temporaire (de 1 à 5 ans) et ne concerne que des logements vides depuis plusieurs mois, voir plusieurs années. Elle ne dépossède pas les propriétaires qui touchent d’ailleurs une indemnité de compensation. Cette procédure légale qui relève essentiellement de l’Etat est pour l’heure très rarement utilisée. C’est pourquoi d’ailleurs des parlementaires demandent l’extension de cette prérogative aux mairies.

Où est donc la menace que prétend dénoncer Vincent Sabatier ? Quand on sait que le nombre de sans-domiciles a quadruplé en 25 ans, que le nombre de mal-logés dépasse les 4 millions dans notre pays, que celui des morts de la rue augmente chaque année, à l’exemple de ce jeune décédé sur le trottoir à Montpellier à quelques mètres d’un foyer affichant complet ? Que de nombreux sétois·es sont contraints de quitter leur ville faute de trouver un logement accessible alors que le nombre de logements vacants tourne autour de 2 500, sans compter les résidences secondaires dont la proportion ne cesse d’enfler avec l’arrivée des plates-formes ?

À part quelques multi-propriétaires qui se repaissent de la rente immobilière et de la gentrification touristique de Sète, qui peut s’horrifier de la perspective d’y mettre le holà par les moyens légaux afin de garantir un toit à chaque famille ?
Ne pas avoir de toit, c’est le risque assuré de mettre ses enfants en danger, de sombrer, de perdre sa dignité, et de mourir prématurément. Que ceux dont l’humanité est absorbée par leur boulimie de rentiers et de spéculateurs aient la décence de ne pas montrer des signes aussi ostentatoires de leur égoïsme.

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