Les cérémonies des vœux sont l’occasion pour celleux qui les prononcent de dresser le bilan des événements marquants de 2024, tout en présentant leur positionnement sur les enjeux à venir. La députée LFI de la 2e circonscription de l’Hérault, Nathalie Oziol, n’a pas failli à la règle mercredi 29 dans un café de Figuerolle archi comble.
Elle a choisi de donner la parole aux acteurs de la société civile et à son suppléant avant de démontrer que son mouvement La France Insoumise était prêt à faire face à tous les scénarios, qu’il s’agisse de présidentielle anticipée, de dissolution de l’assemblée ou des élections municipales. « Nous ferons tomber Emmanuel Macron, c’est notre objectif. »
L’infirmier, l’étudiante et le maire
Pierre Renard, infirmier et délégué CGT au CHU de Montpellier, entame la soirée sur un ton glacial. La situation est alarmante : fermeture de lits, pénurie de personnel, et une succession de cures d’austérité qui frappent la Sécurité sociale et l’hôpital public. « Depuis la fin de la crise sanitaire, aucune leçon n’a été retenue. » Le gouvernement n’a cessé de faire des économies sur le dos de l’hôpital public, mais à quel prix ?
Lui succède ensuite Livia Jampy, jeune Insoumise représentante du SCUM, un syndicat universitaire engagé contre la précarité étudiante. Elle recense notamment plus de 150 étudiants sans logement en 2023 et dénonce l’inaction du maire de Montpellier. Elle pointe également l’augmentation des loyers, rappelant que plus de 70 % du budget mensuel d’un étudiant y serait déjà consacré. Enfin, elle s’indigne face à l’affluence massive lors d’une distribution alimentaire organisée par le SCUM : 1 200 étudiants ont fait la queue pendant des heures en une seule après-midi pour obtenir de quoi se nourrir.
René Revol, le maire de Grabels, également suppléant de la députée Nathalie Oziol, viendra conclure cette série de témoignages sur les réalités de la métropole montpelliéraine par une synthèse des multiples actions menées pour y améliorer la vie : « Notre objectif, c’est de faire des conquêtes à notre échelle, qui montrent ce que nous pourrions faire quand nous serons au pouvoir à l’échelle du pays. »
« On est en campagne permanente »
Lutte contre le Mercosur, manifestations pour le cessez-le-feu en Palestine, inscription de l’IVG dans notre Constitution… Nathalie Oziol a ensuite rappelé les événements majeurs de l’année qui vient de s’écouler. Parmi eux, elle revient sur les résultats des élections européennes passés à la trappe de la dissolution : « Nous avons triplé notre nombre de voix lors des élections européennes« , souligne-t-elle, mettant en avant les progrès du mouvement des insoumis. La députée se félicite également de la victoire du Nouveau Front Populaire aux législatives, de juillet dernier, malgré un contexte largement défavorable , rappelant que « 27 sondages sur 27 donnaient le RN vainqueur ». Elle exprime toutefois ses regrets concernant l’absence d’un gouvernement formé avec le NFP et critique l’impopularité des gouvernements désignés par Emmanuel Macron, reflet d’une crise démocratique qui remet en question la véritable valeur du suffrage universel. « On passe de Barnier, 47 députés, à Bayrou, 36 députés », souligne-t-elle.
« Le dernier joker de Macron »
Encore plus impopulaire que son prédécesseur, le gouvernement Bayrou envisage d’imposer des mesures d’austérité supplémentaires, pour un total de 32 milliards d’euros de coupe budgétaire, soit 7 milliards de plus par rapport au précédent gouvernement censuré. « C’est un recul sur tous les aspects, nous rejetterons ce budget », déclare la députée insoumise, résolue à poursuivre son combat avec une nouvelle motion de censure.
Un combat que le NFP doit mener dans l’unité, tandis que le PS reste imprévisible, à l’image du président de l’Hérault qui annonce la suppression des subventions allouées à la culture dans le département. « Revenez à la raison et défendez la rupture avec le macronisme », appelle Nathalie Oziol. Elle n’hésite pas à avertir également le Rassemblement National, les incitant à voter en faveur de la motion de censure, sous peine de se révéler être « une fausse opposition d’hypocrites ».
« Nous sommes prêts »
Prévoyant l’éventualité d’une présidentielle anticipée suite à une motion de censure, Nathalie Oziol prend les devants « On a déjà commencé à récolter des promesses de parrainage ». En plus de se préparer pour les municipales de 2026, la France Insoumise se tient aussi prête à une éventuelle dissolution, affirmant qu’elle est en « campagne permanente ».
Justice sociale, augmentation du SMIC, abrogation de la réforme des retraites, construction de logements sociaux, moratoire sur les ZFE : les propositions sont nombreuses, mais le chemin vers le pouvoir reste semé d’embûches. Une bonne raison de conclure son discours en s’inspirant de Jean Jaurès, et lance à l’adresse des militant·es venu·es nombreux·es : « Que l’année 2025 soit l’année des accomplissements, quelle que soit la difficulté des tâches. »
