Le SNTRS CGT Ifremer (Institut français pour la recherche de la mer) est consterné par les propos tenus par M. Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur) le 12 mars 2025, sur France Info.
À la suite de la fin de la coopération entre la NOAA (agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), et l’Ifremer, voulue par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, le ministre français M.Philippe Baptiste veut encourager l’accueil de chercheurs de la NOAA à l’Ifremer, grâce notamment à des financements de la loi de programmation de la recherche, dont l’institut n’a bénéficié qu’à la marge au niveau des mesures salariales, et sans budgets supplémentaires alors même que l’Ifremer est déjà en difficulté financière !
Faute de financements récurrents à la hauteur des missions qui lui sont fixées par l’État, notre organisme public, est en déficit chronique.
Comment le ministre peut demander à l’Ifremer d’assumer l’accueil de ces nouveaux chercheurs alors qu’il connaît parfaitement la situation dans laquelle se trouve l’Institut ?
L’Ifremer perd chaque année des postes suite à un nombre de démissions croissant du fait de rémunérations insuffisantes, et de conditions de travail qui ne cessent de se dégrader.
La flotte océanographique de l’établissement est vieillissante, parfois même dangereuse pour les personnels.
Le SNTRS CGT Ifremer a mainte fois tiré le signal d’alarme sur ce point.
Monsieur le ministre, comme vous, nous condamnons fermement les décisions anti-science et obscurantistes du gouvernement américain, mais si vous souhaitez réellement que l’Ifremer puisse ouvrir ses portes à de nouveaux chercheurs, il est urgent de résoudre en premier les problèmes existants.
Pour cela, la France, 2e plus grande surface maritime du monde avec 11 millions de km² de mers et d’océans et 20 000 km de côtes, doit doter l’Ifremer d’un niveau de financement en adéquation avec à ses missions : mener des recherches, innover et produire des expertises pour protéger l’océan, exploiter ses ressources de manière responsable et partager les données marines.