Ordre du jour chargé pour la dernière réunion du conseil de Sète Agglopôle Méditerranée qui se réunira le jeudi 5 mars à Balaruc Le Vieux avec le tronçon LGV Montpellier-Béziers dans le rôle du chien dans un jeu de quilles.
Vote des budgets (principaux et annexes aussi importants que celui des transports, de l’assainissement et de l’eau), fixation des taux de tous les impôts et taxes, déblocage de l’aide exceptionnelle à la conchyliculture et investissement tardif, mais souhaitable dans la rénovation des réseaux sont à l’ordre du jour. En 51e position, une délibération allume tous les voyants au rouge : la signature d’une convention prévoyant le montant des indemnisations que devrait verser la SNCF à l’agglomération et à son syndicat de gestion de l’eau (le SEMOP d’Issanka) en cas de défaut d’alimentation du fait des travaux préliminaires de SNCF Réseau dans le champ captant de la ressource d’eau potable d’Issanka.
On imagine que les élus communautaires candidat·es à leur succession dans une dizaine de jours auraient préféré que ce sujet ne s’invite pas au programme. D’après l’association ALERTE LGV THAU , il serait d’ailleurs prévu que cette question sensible pourtant inscrite à l’ordre du jour en soit retirée. Toujours est-il que ce document, bel et bien écrit et en instance de signature par l’actuel ou futur·e président·e confirme toutes les inquiétudes émises tant par cette association ALT que par la commission locale de l’Eau, par le Conseil de Développement du Bassin de Thau, par le comité des usagers du cycle de l’eau du Bassin de Thau ou par la Coopérative Intégrale du Bassin de Thau qui se dit pour sa part prête à installer une ZAD (Zone à Défendre) sur le tracé de la voie Montpellier-Perpignan.
Face à Carole Delga, l’opposition à la LGV se manifeste
La SNCF reconnaît elle-même que « le projet de Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan traversera le champ captant » et prévient «Considérant que cette ressource d’eau potable est désormais la seule présente sur le territoire de la Communauté d’Agglomération, la société SNCF Réseau est consciente qu’il convient de prendre toutes les précautions possibles pour la préserver. Elle accepte par ailleurs le principe d’une indemnisation de la Communauté d’Agglomération et de son délégataire dans l’hypothèse où les interventions préparatoires engendreraient une indisponibilité de la ressource d’Issanka et dans la mesure où SNCF Réseau ne démontre une autre origine de cette dernière. ». Ce préambule de la convention revient à dire que les études préalables n’ont pas encore été réalisées et qu’elles sont, avant même le début des travaux, susceptibles de perturber l’alimentation en eau potable.
Rien de rassurant donc, ni dans un éventuel report de la signature de cette convention, ni dans ce qu’elle annonce de perturbations possible dès ce stade des études préalables : qu’en sera-t-il quand il s’agira d’y construire la ligne elle-même et son viaduc ?
D’ores et déjà, l’association ALT appelle à se rendre au conseil d’agglomération qui risque bien, à 10 jours du 1er tour des municipales, d’être fort animé. Qui du projet de construction de cette ligne à très grande vitesse ou de ses discrets défenseurs prendra l’eau en premier ?