Le printemps biterrois : entre rassemblement et tensions stratégiques

Jean-Marc Biau conseiller régional PCF et Nicolas Cossange secrétaire départemental du PCF - Photo - JP Vallespir
Jean-Marc Biau conseiller régional PCF et Nicolas Cossange secrétaire départemental du PCF - Photo - JP Vallespir

Le printemps biterrois se structure progressivement, même s’il vient de connaître quelques turbulences politiques dans un climat de stratégie ou de maladresse, l’un pouvant servir l’autre.

Une clause dans l’article 2 que l’on pourrait définir d’absurde se glisse dans les statuts d’une association ayant pour titre : « Le printemps biterrois ». La voici : « La politique internationale et la géopolitique ne font pas partie de l’objet de l’association. Elles ne seront donc en aucun cas traitées et ne feront l’objet d’aucune action portée par l’association. Tout membre s’associant à des actions à visée partisane dans lesdites thématiques pourra être exclu (cf. article 8 – radiations). »

« Il faut l’enlever des statuts » Jean-Marc Biau

Un règlement plutôt étrange « des actions à visée partisane » dans une novlangue du non-dit, mais qui se réserve le droit d’exclure tout membre souhaitant agir ou participer à des initiatives ou manifestations ayant trait aux questions internationales. Une vision plutôt étriquée de la politique qui nécessitait de s’entretenir avec deux protagonistes importants de cette aventure de la conquête du Biterrois : Jean-Marc Biau, conseiller régional PCF et Nicolas Cossange, secrétaire départemental du PCF. « Nous, par exemple pour les communistes, on a dit de cette clause, elle ne nous intéresse pas, il faut l’enlever des statuts, ce qui a été fait », certifie le conseiller régional d’Occitanie.

Impossible en revanche de savoir qui a eu cette idée saugrenue. Le secrétaire départemental du PCF explique que : « ça fait partie du débat qui divise la gauche, faut le prendre au positif. Ce débat à Béziers, on a réussi à le transcender et comme il n’y a pas que ce débat qui divise la gauche, c’est quand même une dynamique positive pour la suite. » Et pour Jean-Marc Biau : « c’est normal, il y a eu du travail, il y a eu de la discussion, et avec toutes les composantes qui font partie maintenant du printemps biterrois, on est toujours ouvert à ce qu’il y en ait d’autres qui nous rejoignent, Génération·s par exemple, ou d’autres ». 

Quid des insoumis qui semblent ne pas avoir été informés du changement ? Et Jean-Marc Biau de répondre : « alors là, je pense qu’ils l’ont été. Parce que dans la réunion, on les a consultés bien entendu pour qu’ils intègrent l’asso et déjà la clause, elle avait été supprimée… Donc c’est un faux débat cette clause. » Nicolas Cossange ajoute « il fallait bien qu’ils trouvent quelque chose pour justifier de partir à part […] C’est dans le cadre de leur stratégie nationale ».

Reste que ce va-et-vient de statuts ressemblerait en l’état à une manœuvre d’exclusion subtile pour encadrer les débats internes et marginaliser certains courants politiques. L’introduction d’une clause qui limite les sujets abordés, en particulier la géopolitique, a pu servir à filtrer les adhérent·es ou à créer un prétexte à des dissensions. Quant à son retrait, il a entretenu le flou, illustrant une possible tentative de contrôle des lignes politiques, voire une maladresse devenue opportunité pour légitimer une séparation au sein de la gauche biterroise.

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Et ces municipales 2026 ?

Le printemps biterrois va présenter une liste pour Béziers ? Une tête de liste se profile ? « On n’en est pas là, et justement on a fait le choix de commencer par dire que nous allions parler du programme, de ce qui intéresse les gens sur la question du Biterrois et pas de la tambouille électorale. Donc pour l’instant, on n’en est pas là. Bien sûr que ça viendra, » confie Jean-Marc Biau. Puis Nicolas Cossange explique « On ne va pas se mentir, vous parliez de tête de liste, à Béziers s’il y avait une personne qui pouvait arriver et dire c’est moi, je mets les pieds sur la table, tout le monde se rassemble derrière moi, on la connaîtrait, elle existerait déjà et elle serait déjà en campagne, on n’est pas dans ce cas de figure. Donc s’il n’y a pas une personne qui fait l’unanimité et qui permet de rassembler tout le monde, il faut construire sur la base d’un contenu, et d’un projet. C’est le but du printemps biterrois. » Mais pour Jean-Marc Biau, « c’est un mouvement qui n’est pas uniquement là pour les municipales de 2026. C’est un mouvement qui est là pour discuter, échanger sur une question programmatique de l’ensemble du territoire biterrois sans ostracisme, c’est-à-dire sans limite administrative. »

Où est le parti socialiste ?

Quant au PS biterrois, vous avez des nouvelles, ou ils sont portés disparus ? Nicolas Cossange rassure « une grande partie des militants socialistes sont dans l’association, y compris les militants socialistes de Béziers. C’est aussi l’avantage d’une asso, ça permet d’être ouvert. ». Comprendre que si la baronnie socialiste locale dit niet, les encartés peuvent participer à une association qui veut « favoriser, développer, promouvoir les valeurs humanistes, solidaires, progressistes et écologistes à Béziers ainsi que dans les communes voisines et proches, » comme inscrit dans l’objet. Jean-Marc Biau précise : « ils disent qu’ils vont vers un congrès, et leur démocratie interne, c’est leur démocratie interne donc voilà, nous on n’a pas à commenter qui est là ou qui n’est pas là. C’est leur affaire ! »

Ce sont les communistes qui tiennent la barre du printemps biterrois ? « Non » répond Nicolas Cossange, en précisant « il y a une ossature forte, PS, Vert, PCF. Avec les Verts et le PCF qui ont la particularité d’avoir tous les deux, les seul·es élus d’opposition, aujourd’hui sur la ville de Béziers » 

Pour l’instant « rendez-vous le 22 mars », lance Jean-Marc Biau : « on va faire un débat sur la santé, sur l’ensemble du territoire Biterrois, nous commençons à travailler les questions programmatiques. »

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