Au fil du temps, le système des dépassements d’honoraires devient de plus en plus insupportable avec deux médecines qui fonctionnent à des niveaux différents. D’un côté, les généralistes de moins en moins nombreux et pourtant les plus essentiels, dans un pays où la population vieillit avec des patients atteints de maladies chroniques qui nécessitent une coordination des soins plus qu’une addition d’examens effectués par des spécialistes.
Parmi les généralistes, une très faible proportion effectue des dépassements d’honoraires et l’ensemble des frais sont pris en charge par la Sécu et les complémentaires. Du côté des spécialistes, la situation est inverse avec aujourd’hui une majorité d’entre eux en secteur 2 avec dépassements et dans certaines spécialités, comme la chirurgie, le chiffre atteint 90 %.
Cela signifie qu’il est impossible de trouver un chirurgien libéral qui ne pratique pas de dépassement. Or, dans certaines spécialités comme l’urologie ou l’ophtalmologie, dans certaines régions, le secteur privé est en quasi-monopole ayant vidé l’hôpital public de ses praticiens, attirés dans les cliniques par de meilleures conditions de travail et de rémunération. Ce qui pose problème aujourd’hui est l’attitude du pouvoir politique qui a en permanence favorisé l’essor de ce secteur au mépris de l’intérêt des assurés sociaux qui sont pourtant ceux qui payent les cotisations servant à rémunérer les médecins. En effet, les lobbies médicaux très puissants ont obtenu des avantages qui ne peuvent que choquer les cochons de payeurs que sont les patients. Ainsi, afin de soi-disant plafonner les dépassements, il a été demandé à l’Assurance maladie de proposer aux médecins des contrats leur permettant, s’ils respectent des objectifs très peu contraignants, de bénéficier d’avantages financiers non négligeables.
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