LUNEL

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Pollution des eaux : l’illusion de l’eau « conforme »

Dire que l’eau est conforme ne dit plus rien de sa qualité réelle.

À Lunel, les analyses de l’Agence régionale de santé confirment la présence de PFAS dans l’eau du robinet. Ces « polluants éternels », issus d’activités humaines, sont bien là. Certes, les seuils réglementaires sont respectés. Mais chacun sait désormais que ces seuils évoluent au fil des scandales sanitaires et des avancées scientifiques.

Autrement dit : ce qui est autorisé aujourd’hui pourra être jugé dangereux demain.

Dans les communes voisines comme Lunel Viel et Saint-Just, des dépassements ont déjà été constatés. Ici même, plusieurs PFAS sont détectés simultanément, dont certains encore mal encadrés. Cette situation n’a rien d’anecdotique : elle révèle une contamination diffuse, installée, structurelle. Raison de plus pour rester intransigeant sur l’activité de l’incinérateur de Lunel Viel.

Et pendant que l’on regarde ailleurs, une autre pollution progresse en silence : le cadmium. Ce métal lourd, reconnu comme un enjeu sanitaire majeur par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, circule des sols agricoles vers notre alimentation et nos ressources en eau. Pourtant, les données locales restent opaques. Mais le plus inacceptable est ailleurs.

Car face à ces pollutions, ce sont les habitants qui paient. Filtres individuels et collectifs, bouteilles, équipements domestiques : la facture s’alourdit, tandis que les responsabilités se diluent. Les coûts de la dépollution sont transférés, progressivement et silencieusement, des pollueurs vers les citoyens.

Polluer collectivement, payer individuellement : voilà le modèle qui s’installe. Il est temps de refuser cette normalisation.

Une transparence totale sur la qualité de l’eau est nécessaire : publication exhaustive des analyses, y compris sur les polluants émergents et les métaux lourds, suivi dans le temps, information des populations les plus exposées. Mais surtout, un changement de logique s’impose : agir en amont, protéger les captages, réduire les sources de pollution, plutôt que d’organiser la filtration à domicile.

Car une eau potable ne doit pas être simplement tolérable. Elle doit être digne de confiance.

KÉZAKO ?

Les PFAS sont des substances chimiques utilisées dans certains objets du quotidien (poêles, emballages, textiles). Très persistants dans l’environnement, ils provoquent des troubles hormonaux, une baisse de l’immunité, des cancers…

Et le Cadmium ? C’est un métal toxique présent dans les batteries, la fumée de cigarette et certains aliments (pâtes, biscuits, céréales…). En France, le cadmium est détecté chez plus de 95% des adultes. Selon l’ANSES, 15% des enfants de 3 à 17 ans dépassent la dose tolérable et 36% des moins de 3 ans. Les risques sont des atteintes des reins, des os et des cancers.