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Déchets, incinérateur et éviction : un débat confisqué à Lunel Agglo ?

Entre mise à l’écart d’un élu, mobilisation associative et inquiétudes sanitaires, la gestion des déchets dans le Lunellois pose une question simple : les choix sont-ils encore débattus publiquement ? Quelle stratégie à venir ? Quelle prise en compte de l’avis des Lunel-Viellois ?

À Lunel Agglo, le dossier des déchets sort des salles de conseil. En cause, la mise à l’écart progressive de Fabrice Fenoy, maire de Lunel-Viel, troisième commune du territoire.

Le vote du 29 avril a confirmé cette éviction : il ne siègera plus au syndicat Pic & Étang, structure stratégique qui pilote l’incinérateur. À bulletin secret, très peu d’élus lui ont apporté leur soutien.

Son parcours est pourtant révélateur de l’importance pour les Lunel-Viellois de ce sujet, ce que l’on peut comprendre puisqu’ils sont les premiers impactés. Ancien opposant à l’incinérateur, Fabrice Fenoy a ensuite tenté de le faire évoluer de l’intérieur. Modernisation du site, baisse annoncée de certaines émissions, objectif de réduction d’environ 25 % des déchets incinérés : des avancées sont notables.

Ceci étant, sans changement de modèle. L’incinérateur reste central, avec des émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et de dioxines.

Des études évoquent des risques accrus de cancers, des effets sur la grossesse et des signaux sur certaines pathologies infantiles. De quoi justifier une vigilance constante. Même si les normes actuelles sont respectées, ces impacts restent au cœur des préoccupations des riverains et des associations.

Politiquement, la rupture s’est cristallisée autour des délégations de service public. Fenoy s’est notamment opposé à celle de la piscine intercommunale, en cohérence avec les demandes d’usagers comme le Cercle des nageurs et avec une préoccupation de maîtrise des finances publiques, plusieurs collectivités ayant payé cher certaines DSP lors de la crise du COVID.

Le 29 avril, des associations se sont mobilisées à Saussines lors du conseil communautaire. Le collectif Vive Garrigues dénonce une « mise à l’écart » et alerte sur un possible recul des ambitions environnementales, après « près de 30 ans de combat ».

Les associations pointent également un fonctionnement jugé de plus en plus fermé, où les voix divergentes peinent à se faire entendre sur des sujets pourtant essentiels pour le territoire. Reste une question. Cette éviction traduit-elle un changement de stratégie sur les déchets et l’incinérateur, auquel cas les habitants doivent être informés ? Ou s’agit-il de tensions politiques internes ? À ce stade, aucune orientation officielle n’a été annoncée, ce qui alimente les interrogations.

Dans tous les cas, un levier reste trop discret : la réduction des déchets à la source, compostage, tri des biodéchets, réemploi, tarification incitative. C’est pourtant là que se joue l’avenir.

Moins de déchets produits, c’est moins de déchets incinérés, donc moins d’émissions et moins de coûts pour les collectivités et les habitants.

Sur un sujet aussi sensible, une chose s’impose : transparence et débat public.