Le dernier rapport de la chambre régionale des comptes en date du 7 mai 2026 pointe une commune de Clermont-l’Hérault qui renforce fortement ses moyens, mais sans toujours en donner une lecture complète au conseil municipal ni aux habitant·es.
Officiellement, les effectifs municipaux progressent peu : +2 % entre 2019 et 2024. Mais en intégrant le recours au GEEP, groupement d’employeurs, la hausse réelle atteint +12 %. Les charges de personnel extérieur passent surtout de 10 537 euros en 2019 à 569 612 euros en 2024, soit une explosion de plus de 5 000 %.
Transparence totale demandée
Le signal d’alerte est double. D’un côté, la commune affiche une situation financière fragilisée : charges de gestion en hausse de 32,6 %, capacité d’autofinancement nette en chute de 75 %, dette consolidée passée de 11,5 à 16,9 millions d’euros, avec une capacité de désendettement de 16,7 ans. De l’autre, elle conduit un plan d’investissement ambitieux de 24,3 millions d’euros. Ce n’est pas illégal en soi, mais cela suppose une transparence totale et une trajectoire budgétaire très maîtrisée. « Allez Clermont-l’Hérault ! » et son maire Gérard Bessière élu depuis 2020 et réélu en 2026 avec 50,68 % des suffrages exprimés soit 1 936 voix savent à quoi s’atteler dans les prochaines semaines. Le maire avait été entendu par la chambre le 16 octobre 2025 après les observations provisoires.
Le risque politique
Le risque politique est le suivant : une partie de l’effort réel en ressources humaines semble déplacée hors du tableau classique des effectifs, via l’externalisation. La chambre demande d’ailleurs à la commune de faire délibérer le conseil municipal sur un tableau des effectifs mis à jour et d’améliorer l’information sur les personnels du GEEP. Autrement dit : le problème n’est pas seulement financier, il est démocratique. Les élus doivent pouvoir voter en connaissance de cause, et les habitants comprendre le coût réel des choix municipaux.
