Le groupe d’opposition Ici et Ensemble a saisi la direction académique de l’Hérault après la publication, dans le magazine municipal de Castelnau-le-Lez, d’un contenu consacré à une structure privée proposant du soutien scolaire payant. Les élu·es dénoncent l’utilisation d’un support public comme vitrine commerciale.
À Castelnau-le-Lez, la rentrée scolaire déborde sur le terrain politique. Dans son numéro de septembre-octobre, le CastelnauMag consacre une partie de son dossier « enfance, éducation, parentalité » aux commerces et associations.
Promotion commerciale par une collectivité
Selon le groupe d’opposition Ici et Ensemble, le magazine municipal, mais aussi des vidéos et publications de la ville sur les réseaux sociaux, mettent notamment en avant les prestations payantes d’un organisme privé proposant la « méthode Singapour ». Une méthode pédagogique réellement utilisée et enseignée dans différents organismes de formation en France ; ce n’est donc pas la méthode elle-même que contestent les élu·es, mais sa promotion commerciale par une collectivité.
L’opposition pointe également la formule « en conformité avec l’Éducation nationale », qui pourrait, selon elle, laisser penser aux familles que l’activité bénéficie d’un agrément ou d’un partenariat institutionnel. Le groupe affirme avoir saisi le directeur académique des services de l’Éducation nationale de l’Hérault afin qu’il examine cet usage.
« Les supports d’information municipaux financés par les impôts des Castelnauviens doivent servir l’intérêt général, valoriser l’École publique républicaine et soutenir le tissu associatif local et ses bénévoles, pas offrir une vitrine publicitaire gratuite à des entreprises privées », déclare Richard Corvaisier.
Alexia Laforge vise directement le choix éditorial de la municipalité : « La mairie n’a pas à se transformer en agence de communication pour le secteur privé, d’autant plus lorsqu’elle passe sous silence les initiatives bénévoles et gratuites existantes sur notre commune. »
Même ligne pour Thibault Rouet : « Il est inacceptable que le journal municipal instrumentalise les difficultés scolaires des élèves pour promouvoir exclusivement des offres payantes, plutôt que soutenir les associations bénévoles existantes qui agissent pour l’accompagnement des enfants. »
La méthode Miro
Le groupe Ici et Ensemble demande désormais à l’Éducation nationale de se prononcer, même si le maire Julien Miro a répondu à cette polémique. Il rappelle que la personne mise en avant avait déjà figuré dans le magazine municipal en 2023, qu’elle est autrice de manuels scolaires et qu’elle a animé bénévolement des ateliers à la médiathèque. Il dit être « fier de mettre en avant des talents de la commune » et reproche à l’opposition de mobiliser le Dasen (Directeur académique des services de l’éducation nationale) sur ce dossier.
Lobbyiste d’Engie auprès de l’Assemblée nationale, devenu maire d’une petite ville, la méthode Julien Miro peut surprendre. Un magazine municipal et les réseaux sociaux d’une commune financés par l’argent public peuvent-il offrir à une activité commerciale une surexposition ? Attention : de la méthode Singapour à la méthode Miro, il n’y a finalement qu’un calcul : qui profite de la communication municipale ?
