Le dîner annuel des correspondants de la Maison-Blanche a viré à la scène de chaos samedi soir au Washington Hilton, à Washington. Peu avant les discours de la soirée, des coups de feu ont retenti au niveau du dispositif de sécurité installé à l’entrée de l’événement, provoquant un mouvement de panique parmi les invités.
Selon Associated Press et Reuters, un homme armé a tenté de franchir la zone de contrôle avant d’être maîtrisé par les forces de sécurité. Un agent a été blessé. Donald Trump, présent dans la salle avec plusieurs responsables politiques et journalistes accrédités, a été évacué par le Secret Service.
À l’intérieur du Washington Hilton, plusieurs témoins décrivent des secondes de confusion totale. Des invités se sont jetés sous les tables tandis que les agents du Secret Service verrouillaient les accès et ordonnaient l’évacuation de certaines zones de l’hôtel. Reuters rapporte qu’un « silence brutal » a précédé les cris et les mouvements de foule.
Organisé chaque année par la White House Correspondents’ Association, ce dîner rassemble journalistes politiques, élus, représentants de l’administration américaine et personnalités publiques autour de la défense du premier amendement et du financement de bourses pour de jeunes journalistes.
L’incident relance de nombreuses interrogations. D’abord sur l’efficacité des systèmes de sécurité américain. Le Washington Post souligne que l’événement ne bénéficiait pas du statut fédéral NSSE (« National Special Security Event »), réservé aux rassemblements considérés comme particulièrement sensibles. Plusieurs élus américains demandent déjà des explications sur le dispositif mis en place samedi soir. Au delà de l’événement lui-même, c’est toute la crédibilité d’un empire finissant qui est en jeu, de ses échecs militaires transformés en victoires, jusqu’à la véracité même de ce qui est présenté comme une tentative d’assassinat sur la personne du président.
Tant de mises en scène et de manipulations dont l’histoire américaine est jalonnée, rendent toujours plus actuel le constat de Annah Arendt quand elle écrit : « « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger.«
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