Le département de la justice des États-Unis a rendu publics, le 30 janvier, près de trois millions de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. Mort en détention en 2019, l’homme d’affaires avait été inculpé cette année-là pour pédocriminalité, trafic d’êtres humains et infractions financières, après une première condamnation en 2008 pour racolage de mineures en Floride.
Ces archives judiciaires confirment l’ampleur des crimes reprochés et documentent un réseau relationnel mêlant responsables politiques, figures économiques et membres de la haute société internationale. Les noms de Donald Trump, Bill Clinton ou encore Prince Andrew apparaissent dans ces dossiers. Les autorités judiciaires américaines rappellent toutefois que la citation d’un nom ne vaut pas mise en cause pénale et ne permet pas, en l’état, d’établir une implication directe dans les crimes commis.
L’ensemble dessine néanmoins un environnement de pouvoir et d’argent dans lequel Epstein a longtemps évolué, bénéficiant d’une tolérance sociale malgré ses condamnations antérieures. Une partie des documents demeure confidentielle afin de protéger l’anonymat des victimes, dont plusieurs identités ont déjà fuité. Aux États-Unis comme en Europe, ces révélations relancent le débat sur l’impunité des élites et sur la capacité des institutions à faire rendre des comptes, sans exception, aux plus puissants.

