Lors de son dernier « moment politique », Jean-Luc Mélenchon appelle les adultes à participer aux manifestations du 6 octobre aux côtés des lycéen·nes et étudiant·es et à porter un « brassard blanc » pour exprimer leur soutien et leur volonté de prévenir les affrontements avec les forces de l’ordre.
« Nous appelons à ce qu’il y ait des camarades parmi les plus anciens avec le brassard ou le casque blanc », explique-t-il dans son « moment politique » du 1er octobre. Avec l’ambition d’afficher une posture pacifique et sereine pour « s’interposer » pour éviter que des jeunes soient « tabassés, gazés ou éborgnés ».
Bien loin de l’image de celui qui verserait de l’huile sur le feu de la colère lycéenne, Jean Luc Mélenchon explique la filiation historique de sa proposition : les « casques blancs » apparus lors des mobilisations étudiantes de 1986 et de nouveau présents en 1990. Il se souvient au passage d’«un petit monsieur qui courait pas vite, monsieur Hollande », alors engagé dans ce dispositif.
Le dirigeant insoumis appelle parallèlement à la «discipline du combat» pour ne pas perdre de vue ses objectifs et surtout aux « méthodes de lutte non violente » car la violence sert l’adversaire. Le brassard devient ainsi le signe visible pour accompagner le mouvement, tenter d’éviter l’escalade et faire de la mobilisation du 6 octobre ce qu’elle est vraiment : un rapport de force politique en condamnation de l’abandon de l’école publique par les gouvernements successifs.
Jean-Luc Mélenchon : « c’est le peuple qui fait l’Histoire »
Mais ce « moment politique » du 1er octobre ne se limite pas à la mobilisation de la jeunesse. Pendant 1 h 13, Jean-Luc Mélenchon livre surtout sa lecture d’une période qu’il estime arrivée à un point de rupture : « la démocratie française est très malade », affirme-t-il dès les premières minutes. Il évoque l’annulation des élections de Vénissieux et Vaulx-en-Velin, les fins de non-recevoir aux pétitions parlementaires et défend une VIe République où « le sujet central de la démocratie sera le peuple », avec référendum d’initiative citoyenne et référendum révocatoire.
Puis vient l’école. Suppressions de postes, enseignants absents, Parcoursup, santé scolaire, enseignement privé : Mélenchon inscrit la révolte lycéenne dans une critique précise du macronisme et de l’affaiblissement des services publics. « Cette fois-ci, ils se battent pour avoir des profs », lance-t-il. Et il en tire une règle politique : « si vous ne faites rien, vous n’aurez rien. Si vous faites les moutons, vous serez tondus. »
Économie. Dette, déficit, BCE, fiscalité, assurance-vie et investissement : Jean-Luc Mélenchon oppose aux politiques de réduction des dépenses une relance des services publics et une réorientation de l’épargne vers l’économie française. Il récuse une politique qui consisterait à « tout couper », au risque, selon lui, d’alimenter la récession. Et propose un autre thermomètre que le seul PIB, un Indice de Développement Humain : « combien il y a de gens de plus qui sont éduqués ? […] Combien il y en a de plus qui sont soignés ? ».
« C’est le monde entier et l’ère néolibérale qui se finit »
« Ce n’est pas seulement la France qui est dans une impasse, c’est le monde entier et l’ère néolibérale qui se finit », constat hélas réaliste face au désordre politique de la planète et à son effondrement climatique. « C’est le peuple qui fait l’histoire », répète-t-il, avant d’expliquer que l’élection présidentielle se jouera sur : « la conquête du pouvoir sur un programme de transformation radicale de la société ».
De la colère lycéenne à la dette, de la crise démocratique aux services publics, de la politique internationale à l’espoir d’un changement en avril 2027, Jean-Luc Mélenchon construit une même démonstration : les crises actuelles résultent toutes d’un modèle arrivé, selon lui, « en impasse ». Un discours de mobilisation autant qu’une mise en ordre de sa stratégie politique pour les mois qui viennent.
