Déprogrammer un spectacle, supprimer une subvention, faire pression sur un lieu culturel, intimider un artiste ou tenter d’empêcher une œuvre d’être montrée : jusqu’où peut-on aller sans porter atteinte à la liberté de création ? Le 9 octobre, LOKKO réunit à Montpellier artistes, chercheurs, responsables culturels, juristes et élus pour mettre les entraves sur la table… et réfléchir aux ripostes.
La question dépasse largement les traditionnelles polémiques sur la « censure ». Dans son livre Censure, paru en septembre chez Anamosa, Anna Arzoumanov préfère examiner concrètement les mécanismes susceptibles de restreindre la création : pressions politiques, religieuses ou économiques, harcèlement, interventions institutionnelles, retraits de financements et, parfois, autocensure.
C’est précisément le terrain que LOKKO veut explorer lors de cette deuxième rencontre organisée avec l’université Paul Valéry Montpellier 3. Après un premier rendez-vous consacré au sujet au Centre dramatique national, le média montpelliérain pose cette fois deux questions : d’où viennent les entraves et comment y répondre ?
Autour des deux tables rondes, le casting promet des regards très différents : l’universitaire Anna Arzoumanov, l’historien Nicolas Lebourg, l’auteur de BD Frédéric Debomy, des artistes et responsables culturels, l’avocat Louis Plus ou encore Christophe Pomez, haut fonctionnaire chargé de la liberté de création. Le maire de Montpellier Michaël Delafosse participera également à un entretien, occasion d’un débat à dimension très locale. Le maire de Montpellier pourra pousser un peu plus loin son raisonnement sur la liberté de création, notamment à propos de Barbara Butch. Michaël Delafosse avait alors pris publiquement sa défense le 24 juillet et dit l’attendre à Montpellier. Une position qui méritera d’être développée : défendre la liberté d’une artiste empêchée de jouer est une chose ; déterminer jusqu’où une collectivité doit aller dans son soutien, sans transformer à son tour la programmation culturelle en message politique, en est une autre. C’est précisément là que le débat sur la liberté de création devient aussi intéressant.
Trois heures pour parler création, rapports de force et démocratie. Et surtout pour débattre d’une question devenue très concrète : comment garantir aux artistes le droit de créer et au public celui de voir, d’entendre… et éventuellement de ne pas être d’accord ?
