LUNEL

L'info qui ne tourne pas autour de la mare !

Les arbres tombent et l’ombre ne revient pas avant 2040

À Lunel, les platanes disparaissent, officiellement à cause du chancre coloré. Une contrainte réelle. Mais sur le terrain, une autre réalité apparaît : les arbres partent vite, sans anticipation, et leur remplacement prend du retard. Résultat, un vide s’installe… au moment même où les étés deviennent plus chauds.

Sur la place de la République, les platanes ont été abattus en 2023 après la détection d’un arbre contaminé, entraînant un périmètre de coupe. La décision peut se comprendre. Mais depuis, les emplacements restent vides. Au centre, un large terre-plein est pourtant aménagé pour accueillir des arbres. Tout est prêt, mais plusieurs fosses n’ont toujours pas été replantées. Trois ans ont déjà passé. Sur certaines portions, les anciens platanes ont été remplacés par des palmiers bas et des massifs fleuris. C’est propre, mais ce n’est pas équivalent. Un grand arbre crée de l’ombre et rafraîchit l’air. Un palmier laisse passer le soleil. Les fleurs, elles, n’apportent pas d’ombre… et demandent de l’eau, justement quand elle devient plus rare. Le chancre coloré n’est pas une surprise. La maladie se voit, se suit, et son évolution est connue. Lorsqu’un arbre est touché, la propagation aux voisins est un risque identifié. L’abattage se prévoit.

Et même si la maladie empêche de replanter immédiatement des platanes au même endroit, elle n’empêche pas d’anticiper. Il est possible de planter ailleurs, de préparer les fosses à l’avance et de replanter d’autres essences en quelques mois (par exemple micocoulier, févier d’Amérique, sophora, zelkova ou encore ginkgo, mieux adaptés à la chaleur). Autrement dit, la maladie impose des contraintes… pas des années de vide. Aujourd’hui, les spécialistes regardent surtout la surface d’ombre. Un grand arbre peut couvrir plusieurs dizaines de mètres carrés. Le remplacer tardivement, ou par une essence peu couvrante, crée un manque durable. « Un arbre planté aujourd’hui met environ dix ans à devenir utile, et souvent quinze à vingt ans pour offrir une véritable ombre », explique Michel, spécialiste forestier. « Autrement dit, même en replantant maintenant, l’effet réel ne se fera sentir qu’autour de 2040. »

Pendant ce temps, le climat évolue. Dans le sud de la France, les étés deviennent plus longs et plus intenses, avec des épisodes à plus de 40 degrés appelés à se multiplier. Et le cœur de ville n’est pas le seul concerné.

15 ANS POUR RETROUVER UNE VRAIE OMBRE…
UN ARBRE PLANTÉ AUJOURD’HUI MET PLUS D’UNE DÉCENNIE À DEVENIR EFFICACE.

Parking des arènes, parking de la médiathèque, secteur de la gare… plusieurs espaces ont vu disparaître des arbres, souvent sans remplacement immédiat. Mis bout à bout, cela dessine une ville plus minérale et plus exposée. Sur le cours Péri, les aménagements récents ont également imperméabilisé une partie des sols. L’eau s’infiltre moins, les arbres ont moins de ressources, et la chaleur s’accumule davantage. Cette combinaison accentue à la fois la sécheresse et les pics de température. Dans une gestion anticipée, des jeunes arbres auraient déjà été en place. La transition aurait été progressive. Ici, elle est brutale.

Le déroulé des travaux ajoute à cette impression. Les espaces ont été aménagés et remis à neuf avant les élections municipales de 2026, sans prévoir davantage d’espaces de plantation. Puis les abattages sont intervenus après. Un calendrier qui interroge. La ville apparaît terminée, soignée… puis perd ses arbres ensuite. Une séquence qui donne le sentiment que l’image a été traitée en priorité, et que l’ombre, elle, peut attendre.

L’association Nature Environnement lunellois, en lien avec l’association ARBRES invite les amoureux des arbres à participer à un inventaire citoyen des arbres remarquables sur l’agglo de Lunel. Contactez l’association via les réseaux sociaux, ou envoyez directement, photo, lieu, quelques mots pour raconter l’histoire de l’arbre et toute précision utile à :

natureenvironnementlunellois@gmail.com