Le procès opposant l’Humanité à Guillaume Senet, fondateur du spectacle historico-identitaire Murmures de la cité, s’ouvre ce mercredi 6 mai devant le tribunal judiciaire de Moulins (Allier). Le directeur du quotidien communiste, Fabien Gay, doit faire le déplacement pour défendre « la liberté d’informer » face à ce que plusieurs organisations de gauche dénoncent comme une « procédure bâillon ».
À l’origine du contentieux, un article publié en juillet 2025 par l’Humanité sur la première édition de Murmures de la cité, spectacle présenté comme un récit de « l’histoire de France éternelle ». Le journal y décrivait notamment une séquence d’ouverture montrant pendant plusieurs minutes des drapeaux nazis projetés sur la façade du Centre national du costume et de la scène de Moulins. Guillaume Senet poursuit le quotidien pour diffamation, contestant des « accusations à caractère nazi ».
Âgé de 25 ans et étudiant en droit, Guillaume Senet revendique un projet enraciné dans une vision identitaire et catholique traditionaliste. Son nom est également associé au groupuscule Sophia Polis, qui organise des universités d’été réunissant des figures de l’extrême droite radicale. Plusieurs enquêtes de presse ont aussi documenté les liens du projet avec l’institut Iliade, cercle de réflexion identitaire, ainsi qu’avec le Fonds du bien commun du milliardaire Pierre-Édouard Stérin.
Interrogé le 30 avril au Sénat lors d’une audition sur le financement de structures privées, Guillaume Senet a tenté de dissocier Murmures de la cité et Sophia Polis, tout en reconnaissant l’existence de « bénévoles en commun ». Il était également questionné sur des tee-shirts reprenant une citation de Robert Brasillach, écrivain collaborationniste condamné après la Libération.
Dans l’Allier, syndicats et responsables politiques dénoncent depuis plusieurs mois une montée des tensions autour des mobilisations antifascistes locales. Le quotidien La Montagne fait lui aussi l’objet d’une procédure similaire. Des militants syndicaux de la CGT et de la FSU, déjà visés par des menaces, affirment également être la cible de plaintes répétées.
Le délibéré a été renvoyé au 3 juin.
