Au milieu des gravats de la Paillade, devant des tours détruites, la liste Faire mieux pour Montpellier a choisi un décor qui tranche avec « les images de cartes postales du centre-ville ». Le logement sera l’axe central du programme porté par Nathalie Oziol et La France insoumise.
« À Montpellier, il y a 1 logement social pour 10 demandes », rappelle la députée. Derrière ce ratio, une réalité : listes d’attente interminables, étudiants en errance, ménages exposés à l’insalubrité et à la chaleur. « Il y a huit mille logements environ pour 80.000 étudiants et étudiantes. » La candidate pose le constat d’une crise quantitative, mais aussi qualitative et rappelle que « le logement, c’est la première problématique sur laquelle je suis interpellée en tant que députée. »
Répondre à l’urgence sociale
Premier pilier : l’hébergement d’urgence et la lutte contre le sans-abrisme. Gwen Lasne, colistière, détaille les chiffres : « 2000, c’est le nombre de personnes en errance à Montpellier. 150, c’est le nombre d’enfants chaque nuit qui dorment dans les rues, » avec « 350 à 400 appels par jour au 115 » sans solution.
Face à cela, la liste propose de mobiliser massivement le parc vacant. « On est entre 18.000 et 20.000 logements vacants sur la ville », explique Gwen Lasne. L’idée : développer l’urbanisme temporaire, maintenir le « dispositif intercalaire », conventionner les bâtiments publics inoccupés, et, si nécessaire, utiliser le pouvoir de réquisition. « Le droit au logement comme le droit à l’hébergement sont des droits fondamentaux. On est en 2026 en France. »
Un « choc de l’offre » très sociale
Deuxième pilier : construire davantage, mais autrement. Antoine Bertrand assume la critique de la majorité sortante. Selon lui, Montpellier pratique « la politique du crocodile : une grande bouche, mais des petits bras ». Autrement dit, des annonces sans effets concrets pour « les locataires, les personnes sans abri et les jeunes ». La réponse insoumise passe par un « véritable choc de l’offre » ciblé sur le logement très social. « On construit du logement social, mais jamais de logement très social. Or vu les situations de grande précarité, c’est du logement très social qu’il faut. » Priorité également aux résidences étudiantes.
Protéger et encadrer les loyers
Troisième pilier : la protection. Nathalie Oziol dénonce « la chasse aux locataires » et les expulsions. « Il faudra m’expliquer en quoi avoir mis à la rue une dame de 80 ans a permis de lutter contre le trafic de drogue », lance-t-elle. La liste propose un « guichet unique du droit au logement », véritable service public local. « Quand on rentre dans le guichet unique, on n’en ressort pas tant que tout l’aspect médico-social et logement n’est pas réglé. » L’encadrement des loyers sera renforcé pour mettre fin à « l’impunité des bailleurs voyous ». Une garantie municipale pour les étudiants sans garant familial serait également expérimentée.
Rénover en concertation et co-construction
Quatrième axe : la rénovation, mais avec concertation. À la Paillade, Saïd Moussaoui, colistier de Nathalie Oziol décrit une rénovation vécue comme « brutale… C’est pas le Bronx ici ! » Suppression de caves, « pour soi-disant lutter contre le trafic », suppression de parkings « pour végétaliser » : « Les habitants l’ont ressenti comme des travaux subis, imposés. » Il dénonce « trois réunions de présentation et pas de concertation ». Son mot d’ordre : « Pour gouverner, il faut être en co-construction. » La liste insoumise promet des « ateliers populaires du logement » et une consultation systématique des habitants sur les projets les concernant.
Sur le plan énergétique, Lucie Mendes colistière de la liste Faire mieux pour Montpellier met en avant la précarité énergétique : « 15% des ménages sont en précarité énergétique. » La solution : des rénovations « complètes et performantes » sur l’isolation, le chauffage, les murs et planchers, avec financement, accompagnement social et formation des artisans. Elle défend un « cercle vertueux » qui relie production d’énergie renouvelable et rénovation des logements.
Le logement n’est pas un produit financier, mais un droit
Au-delà des mesures techniques, la ligne est idéologique : le logement n’est pas un produit financier, mais un droit. « Le droit au logement est une affaire de dignité à laquelle tout le monde a droit », insiste Nathalie Oziol.
Entre réquisition, choc de l’offre très sociale, protection des locataires, rénovation énergétique juste et démocratie locale renforcée, LFI dessine une politique municipale offensive.
Face à une majorité sortante socialiste qui communique plus qu’elle ne protège, Nathalie Oziol assume une ligne de rupture. Là où la ville « fait de grandes annonces », elle promet des droits effectifs. À Montpellier, le clivage est posé : marketing urbain ou justice sociale.