Paysage médiatique abîmé. Après avoir quitté CNews, le 6 février 2026, chaîne d’information où elle présentait « midi news » depuis 2017, Sonia Mabrouk a annoncé, vendredi 13 février à l’AFP, sa démission d’Europe 1, invoquant un « souci de cohérence ». La journaliste, arrivée à la radio en 2013 tourne ainsi la page des médias contrôlés par Vincent Bolloré.
En cause, le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini qui avait finalement annoncé qu’il se retirait de l’antenne de Morandini Live le 9 février 2026, après plusieurs semaines de polémique sur sa présence à l’écran malgré ses condamnations définitives pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel.
Éthique délétère au sein du groupe Bolloré, en choisissant de partir, Sonia Mabrouk acte un désaccord de fond. Au-delà des trajectoires individuelles, l’affaire Morandini interroge la responsabilité des directions et la crédibilité d’un système médiatique de propagande déjà fragilisé.
Reste une question, plus dérangeante. Sonia Mabrouk sera-t-elle la seule à tirer les conséquences de cette affaire ? Ceux et celles qui choisissent de rester devront expliquer comment ils concilient exigence professionnelle et tolérance à l’égard du cas Morandini, comme bien d’autres situations telles que manquements au pluralisme politique, défaut de maîtrise de l’antenne, atteintes à la dignité de la personne humaine, manquements à l’honnêteté et à la rigueur de l’information. La responsabilité éditoriale ne se proclame pas, elle se démontre.