La conférence de presse du lundi 9 février de la liste Faire mieux pour Montpellier s’est tenue symboliquement sur le tracé du très contesté COM pour y revendiquer un programme d’écologie populaire et de « bien vivre au quotidien » . Un programme municipal qui veut rompre avec un modèle urbain jugé inégalitaire, écocidaire et dominé par le marché.
Sa tête de liste, la députée insoumise Nathalie Oziol dénonce une ville fragmentée, où l’écologie profite surtout aux plus aisés, tandis que les terres agricoles reculent, les factures augmentent et les services se dégradent. Son projet repose sur quatre piliers : mobilités, alimentation, énergie et déchets.
En matière de mobilités, elle critique le projet porté par Vinci qui est l’expression d’un urbanisme bétonné et tourné vers l’automobile. Elle défend un réseau de transports publics renforcé : trams plus fréquents (toutes les 10 minutes, 5 en heures de pointe) et étendus jusqu’à 2 h du matin, afin de réduire la dépendance à la voiture, les émissions de CO₂ et améliorer le cadre de vie.
Sur l’alimentation, Nathalie Oziol alerte sur la disparition de près de 200 hectares de terres agricoles en dix ans et la précarité alimentaire touchant 26 % des habitants. Elle propose de « sanctuariser les terres naturelles et agricoles« , notamment la Cité Bergère et les côteaux de Malbosc, et de créer une association foncière agricole municipale pour installer des agriculteur·trices, développer l’agroécologie et approvisionner la restauration collective. Elle défend aussi des fermes municipales et des restaurants populaires bio et locaux, ainsi que des dispositifs inspirés de la Sécurité sociale de l’alimentation.
Concernant l’énergie, la tête de liste Faire mieux pour Montpellier dénonce une « écologie à deux vitesses » laissant 20 % des ménages en précarité énergétique. Nathalie Oziol propose la création d’une régie publique, Énergie de Montpellier, combinant fourniture d’électricité renouvelable à prix stables, production locale d’énergie et accompagnement des ménages vers la rénovation et le solaire.
Enfin, sur l’épineuse question de la gestion des déchets, la députée insoumise dont le suppléant n’est autre que René Revol, vice-président de la métropole, critique une conception techniciste et une politique coûteuse, inefficace et éloignée des habitant·es. Elle prône une stratégie de réduction à la source, fondée sur la réparation, le réemploi, et le développement du compostage ainsi que la concertation citoyenne, avec une collecte équitable dans tous les quartiers, « Cette stratégie est fortement créatrice d’emplois locaux, non délocalisables, sur une grande diversité de métiers » tient-elle à préciser.
Pour résoudre le dilemme du projet de CSR jusqu’alors porté par René Revol, elle propose l’organisation d’une « Convention populaire des déchets », associant largement les habitant·es, qui aura pour mission de porter « un regard à 360 degrés » sur la politique des déchets et produire des conclusions qui seront soumises à une votation citoyenne. Fermez le ban.
L’ensemble du projet revendique une écologie planifiée, démocratique et sociale, qui refuse l’écologie de luxe et les grands projets jugés destructeurs, pour faire du « bien vivre » un droit partagé par tous les Montpelliérain·es.