« Trahison », « infiltration », Isabelle Perrein dit : « Stop à la magouille ! »

Isabelle Perrein tête de liste Aimer Montpellier - Photo - JPV PLURIELLE INFO
Isabelle Perrein tête de liste Aimer Montpellier - Photo - JPV PLURIELLE INFO

Moment clé de la campagne municipale montpelliéraine pour Isabelle Perrein qui « explique en toute transparence » les discussions entre candidats avant le premier tour. Elle décrit une campagne sous tension, marquée par « des postures, des pressions, des coups bas et des intimidations », et annonce la mise à l’écart ce 9 février de son conseiller spécial, Dominique Truy, accusé d’avoir travaillé pour un autre camp.

Courage et trahison « Rien ne me fera reculer ni renoncer à mes valeurs, » affirme Isabelle Perrein qui travaille la sincérité et l’authenticité dans sa relation avec l’autre. Contrairement à beaucoup de candidat·es qui se réfugient dans des tunnels de réponses à la moindre question pour éviter les échanges avec les journalistes et jouer la montre, la tête de liste Aimer Montpellier partage le temps, et offre à chacun·es l’opportunité de la questionner. Elle n’hésite pas à se présenter comme la rupture avec la « politique politicienne » et à dénoncer un système de pouvoir verrouillé depuis « cinquante ans ».

Dominique Truy le « maillon faible »

La candidate sans étiquette qui confie que “mon parti, c’est ma ville”, oppose deux mondes : d’un côté, son équipe citoyenne, revendiquant plus de 230 bénévoles engagé·es ; de l’autre, des professionnels de la politique motivés par des stratégies de carrière. L’annonce de l’éviction de son conseiller spécial Dominique Truy est alors mise en scène comme un acte de salubrité morale. La métaphore du « maillon faible » veut ainsi transformer une crise interne en démonstration d’autorité et de cohérence. Le vocabulaire : « trahison », « infiltration », « tentation » dramatise alors à souhait cette séquence politique, « je supprime ce maillon faible qui a cédé à la tentation. »

Un leadership assumé

Isabelle Perrein rappelle être cheffe d’entreprise, habituée à « poser des actes », et se présente comme une candidate capable d’endurance et de résilience. Et lance : « je suis un roc », une façon de démontrer sa capacité à encaisser les crises sans vaciller.

La candidate laisse entendre que Dominique Truy aurait été approché par l’équipe de Philippe Saurel, maire élu en 2014, battu en 2020, qui a officialisé sa candidature le 7 février 2026. Brigitte Roussel Galiana confirme en écho et en pointillé « il a du mal à boucler sa liste. » Quand à Isabelle Perrein, elle s’amuse de ces candidat·es qui « infiltrent les autres équipes ».

« J’ai eu le malheur d’ajouter pourquoi on ne tendrait pas la main à Philippe Saurel » Dominique Truy

Côté Dominique Truy, que nous avons contacté, l’éviction annoncée relève d’abord « d’un désaccord de fond », et non d’une « trahison » au profit d’un autre camp. L’ancien conseiller spécial de la liste Aimer Montpellier explique avoir été absent pour raisons familiales, après la perte de ses deux parents « en trois mois », puis avoir exprimé, dès son retour, son opposition à certaines « déclarations intempestives » de la candidate, notamment l’annonce d’une baisse de 4 % des impôts, qu’il juge « pas crédible » et susceptible de « mettre en péril le projet ». Il affirme avoir formalisé cette divergence par écrit, via un mail adressé au bureau politique et à la candidate.

Selon Dominique Truy, cette rupture avec Isabelle Perrein s’inscrit aussi dans une lecture politique qu’il qualifie de réaliste du rapport de forces électoral. Il explique avoir alerté en interne sur une configuration qu’il juge défavorable : avec « 11 candidats sur la ligne de départ », dont « Delafosse et Oziol, qui concentrent à eux seuls près de 50 % de l’électorat », la liste d’Isabelle Perrein se situerait, selon ses estimations, « entre 5 et 10 % des suffrages plutôt qu’entre 10 et 11% » et confie « alors là, je me suis fait dézinguer ». Dominique Truy affirme vouloir souligner le risque d’isolement politique et « l’incapacité, à ce stade, de fédérer largement autour de l’idée de renouveler la politique. » C’est dans ce cadre, dit-il, qu’il a eu « le malheur d’ajouter » l’hypothèse de « tendre la main » à Philippe Saurel, pour « créer une belle dynamique ». Une suggestion qui aurait courroucé une partie de l’équipe. Dominique Truy réfute toutefois toute manœuvre en coulisses. Il affirme que ces échanges relevaient d’un débat interne sur « les probabilités électorales » et non d’une négociation parallèle, insistant sur le fait que ce désaccord d’analyse, plus que toute autre considération, a précipité son départ.

Quid de la suite ? Une déclaration à Rémi Gaillard ?

Candidate au premier tour du 15 mars à la tête de la liste Aimer Montpellier, Isabelle Perrein se dit ouverte à des alliances au second tour, à condition de partager un projet. Les rapprochements avec Michaël Delafosse ou Nathalie Oziol sont écartés, ceux avec Mohed Altrad jugés délicat vu l’absentéisme du personnage, que ce soit dans son mandat d’opposant 2020-2026 ou dans les débats proposés pour 2026 aux candidat·es

À ce stade, Rémi Gaillard apparaît comme celui avec lequel elle se dit « très alignée », tout en restant volontairement évasive sur la nature de leurs échanges. Entre joker et confidences, elle insiste sur la sincérité de son engagement et sur ses intentions, qu’elle juge importantes dans cette campagne. Puis elle ajoute que le dialogue avec Rémi Gaillard est « facile », précisément parce qu’ielles se situeraient, selon elle, « sur la même échelle de valeurs », d’autant que la démarche actuelle  de Rémi Gaillard serait différente, plus « responsable » que par le passé. Elle indique l’avoir découvert politiquement et se dit « agréablement surprise par le personnage ». Elle ne ferme pas la porte à une coopération future.

Cette conférence de presse apparaît comme une opération de reprise en main. Elle révèle les tensions internes d’une candidature qui se veut citoyenne, mais se trouve confrontée, comme les autres, aux logiques classiques de recomposition des forces en présence.

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