En lançant, ce lundi 2 février 2026, sa séquence de campagne sur la sécurité, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse a voulu casser une ligne de fracture qu’il juge « stérile » entre une droite « répressive » et une gauche « laxiste ».
Michaël Delafosse s’affirme dans une doctrine entre fermeté, prévention et action sociale, au nom d’une idée : « la sécurité est une question sociale », qui touche d’abord « les plus précaires, les femmes, les jeunes ».
Retour en 2020 pour démarrer sa conférence de presse, le maire sortant socialiste tacle Philippe Saurel et le cite au cas où celui-ci aurait l’idée de réapparaître : « mon prédécesseur disait la sécurité, ce n’est pas moi, c’est l’État ». Comprendre qu’en revanche : Delafosse, c’est la sécurité ! Pour preuve celui-ci confie, qu’à nouveau maire de Montpellier, son premier déplacement sera pour rencontrer les ministres Laurent Nunez et Gérald Darmanin.
Un bilan chiffré, centré sur les effectifs et la coordination avec l’État
L’équipe de Demain Montpellier, autrefois Montpellier Unie met en avant depuis 2020 une hausse des moyens humains : 148 recrutements annoncés, dont 58 policiers municipaux (de 182 à 240), 42 policiers métropolitains des transports, 43 agents de sûreté résidentielle, ainsi que 24 agents dédiés à la protection des écoles. Côté vidéoprotection, 194 nouvelles caméras auraient été installées, pour un total de 508 sur la commune.
Dans sa prise de parole, Michaël Delafosse insiste surtout sur la méthode : la « coordination » entre police nationale, justice et municipalité. Il cite des opérations conjointes (dont des « place nette ») et revendique un investissement municipal « rare » en France : le financement de deux commissariats, dont celui de la gare de Montpellier-Saint-Roch (3 millions d’euros), et un commissariat mixte à la Mosson, présenté comme un symbole du travail commun.
Promesse 2026 : 100 agents supplémentaires et 1 000 caméras
Pour le prochain mandat, le candidat annonce 100 agents supplémentaires répartis entre police municipale, police métropolitaine des transports et brigade du logement social (GSRI). Interrogé sur le coût, Sébastien Cote avance un ordre de grandeur : « un policier chargé » représenterait environ « 45 000 euros par an », et l’effort global pour 100 agents, « on sera autour de 4 millions d’euros en fonctionnement » avance encore l’actuel 8e adjoint au maire sortant de Montpellier.
Même logique de montée en puissance sur la vidéoprotection : Demain Montpellier promet un doublement du parc, avec un objectif de 1 000 caméras, en justifiant cet outil par l’appui à l’investigation judiciaire (réquisitions du parquet) et par la gestion de crise, notamment lors d’épisodes météo.
Un « hôtel des sécurités » à Celleneuve, pour 2029
Dans le calendrier d’un potentiel deuxième mandat socialiste : un « hôtel des sécurités » est annoncé à Celleneuve, avec une ouverture prévue en 2029, sur 4 500 m², regroupant 450 agents, la direction de la police municipale, le centre de supervision urbaine, la sécurité civile et la gestion de crise.
Parmi les autres mesures avancées : un numéro municipal à 4 chiffres, des bornes d’appel d’urgence dans l’Écusson et à Port Marianne, et l’évolution du bouton « SOS » de l’application m’ticket (déployée dans les transports) vers un signalement incluant la vidéo.
Prévention : médiation, écoles, protection des femmes
Petit rappel fait en conférence de presse: les travaux d’intérêt général ont déjà été fortement développés sous le mandat écoulé, « passés de 100 heures à 4000 heures », et doivent encore monter en puissance. L’objectif voulu pour le prochain mandat reste ambitieux : atteindre 8 000 heures par an.
La prévention passe également par un travail de proximité auprès des jeunes. Demain Montpellier prévoit de multiplier les actions de la police municipale dans les écoles et les clubs sportifs, afin de sensibiliser aux règles de vie collective et de prévenir les comportements à risque.
Médiation. « À Montpellier, il y avait zéro médiateur. Aujourd’hui on en a douze », souligne le maire, qui fixe désormais un cap à 30 agents déployés dans les quartiers. Il en donne une illustration concrète, avec une habitante excédée par des nuisances sonores : « on a créé la brigade de médiation, toc-toc-toc, rappel à la règle, médiation… et la personne a retrouvé sa tranquillité ». Pour ajouter : « je suis professeur, je construis un rapport à la règle. »
Enfin, la sécurité des femmes dans l’espace public est présentée comme une priorité transversale. Le programme annonce la poursuite des arrêts de bus à la demande le soir, le renforcement de la lutte contre les violences intrafamiliales et l’engagement de la Ville aux côtés de l’autorité judiciaire. Il prévoit aussi d’amplifier la prévention sur les dérives du numérique et la prostitution des mineurs, en lien avec les acteurs éducatifs, sociaux, judiciaires et associatifs.