29 septembre : Binet attaque le budget, Mélenchon refuse de laisser les lycéens seuls face à la police

29 septembre 206 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, plus de 300 000 selon la CGT - Photo - CGT URIF

206 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, plus de 300 000 selon la CGT, quelque 170 rassemblements et des centaines de lycées touchés : le 29 septembre a vu se rejoindre la colère des fonctionnaires et celle d’une partie de la jeunesse. Sophie Binet a ciblé le budget. Jean-Luc Mélenchon a répondu frontalement au gouvernement qui accuse LFI d’attiser les blocages.

Le message de Sophie Binet est le suivant : « Le gouvernement a 48 heures pour revoir en profondeur son projet de budget. » La secrétaire générale de la CGT dénonce notamment le nouveau gel du point d’indice prévu pour 2027. « Qui était au front cet été pour sauver des vies ? Les pompiers, les hospitaliers et tous les fonctionnaires. Ce n’est pas possible qu’ils soient remerciés avec une baisse de leurs salaires. »

Dans les rues, 206 000 personnes ont manifesté, selon l’intérieur, plus de 300 000 selon la CGT. Les huit organisations représentatives de la fonction publique réclament des augmentations de salaires et davantage de moyens pour les services publics.

Mais le 29 septembre se jouait aussi devant les lycées. Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 416 établissements touchés au cours de la journée, dont 338 encore affectés en fin d’après-midi. L’Union syndicale lycéenne revendique des professeurs remplacés, davantage de moyens et des conditions d’apprentissage « décentes ».

Face à cette mobilisation, Sébastien Lecornu avait choisi la veille de déplacer aussi la bataille sur le terrain politique, dénonçant la « surenchère irresponsable » d’élus LFI qui appellent à étendre le mouvement. Une accusation à laquelle Jean-Luc Mélenchon répond, le 29 septembre, depuis la manifestation parisienne : « Ce Premier ministre croit que c’est nous qui créons les problèmes. Nous sommes fiers d’être aux portes des lycées pour défendre nos gamins. Parents, militants Insoumis, mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière. Ceux qui tabassent nos enfants, ceux qui frappent, ceux qui insultent, ceux qui laissent libre cours à leur racisme vont bientôt nous retrouver sur leur chemin. Il n’y aura ni oubli ni pardon pour personne. »

Une charge particulièrement dure et réaliste, dans une journée marquée aussi par des violences et 440 interpellations, selon le ministre de l’Intérieur. Mais derrière la bataille politique demeure un fait : c’est que le mouvement lycéen est né autour du manque de moyens, des difficultés de remplacement des enseignants et de la dégradation dénoncée des conditions d’apprentissage. LFI s’y est engagée et l’a soutenu. Et c’est peut-être là que l’affolement de Lecornu dans ses déclarations rencontre sa limite : quand fonctionnaires et lycéens réclament simultanément des moyens, accuser ceux qui les soutiennent ne répond toujours pas à ceux qui manifestent. Posture typique du macronisme, rien de nouveau, hélas !

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