ZAE du Dardaillon : une opposition déterminée des écologistes du Lunellois

Lunel Les Écologistes dénoncent une initiative sans vision cohérente - Photo - DR CM
Lunel Les Écologistes dénoncent une initiative sans vision cohérente - Photo - DR CM

Le 27 février, sur le site du projet de Zone d’Activités Économiques (ZAE) des Portes du Dardaillon, Les Écologistes du Lunellois ont tenu une conférence de presse pour exprimer leur ferme opposition à ce qu’ils considèrent comme un projet déconnecté des réalités locales et destructeur pour l’environnement.

Les Écologistes ont dénoncé une initiative sans vision cohérente, avec un ensemble de lacunes. La destruction de la biodiversité, avec des mesures compensatoires, est jugée insuffisante, comme l’absence d’une réelle étude sur l’impact environnemental à long terme est pour eux surréaliste. « Ce dossier ne prouve ni que cela créera des emplois, ni que les bâtiments seront conformes aux promesses visuelles avancées par les promoteurs », explique Lise Florès, porte-parole Les Écologistes du Groupe Local Pays de Lunel.

Est aussi dénoncée l’absence de stratégie économique globale pour Lunel et sa région. Le projet ne s’intègre ni dans une réflexion sur l’optimisation des zones existantes ni dans un schéma de développement tenant compte des besoins réels du territoire.

Les opposants formulent plusieurs revendications destinées à la majorité politique de Pierre Soujol aux commandes jusqu’en 2026, ils exigent plus de transparence, c’est à dire : la publication d’une étude quantitative et qualitative des ZAE existantes afin d’évaluer leur potentiel de densification; l’établissement d’un cahier des charges clair imposant des critères stricts en matière d’emplois et de constructions; la divulgation des entreprises susceptibles de s’implanter afin d’éviter une concurrence néfaste aux PME locales, ainsi que la mise en place de formations adaptées pour favoriser l’embauche locale.

Selon Les Écologistes, la stratégie des ZAE est dépassée. Actuellement pour ce groupe lunellois déjà en campagne, l’idéal sera de construire une alternative centrée sur l’agriculture et la transformation locale, qui permettrait à la fois de préserver les terres et de créer des emplois pérennes et non délocalisables.

Un projet en contradiction avec les engagements municipaux de Pierre Soujol

Lise Florès rappelle que la protection des zones agricoles faisait partie des engagements électoraux de l’équipe municipale en 2020. « Veut-on réellement transformer notre territoire en un paysage minéral de bureaux, routes et magasins ? Ou devons-nous préserver notre cadre de vie et soutenir réellement l’agriculture locale ? », interroge-t-elle. Autre question d’importance : « comment la collectivité entend conserver la maîtrise du foncier pour éviter le mitage par l’habitat comme on le voit sur les autres ZAE dont certaines sont devenues entièrement résidentielles ? »

L’enjeu dépasse la seule question environnementale. Pour Les Écologistes, il s’agit aussi d’un choix stratégique pour l’avenir de Lunel. Ils proposent notamment d’installer des exploitations agricoles durables sur les 50 hectares concernés et de créer une zone de transformation et de vente sur un maximum de 5 hectares, ce qui générerait 200 emplois non délocalisables.

Des enjeux sanitaires et environnementaux

La problématique de l’eau est également au cœur des préoccupations. « Nous sommes en zone distante de périmètre de captage, ce qui ne posait pas de problème en 2023. Mais aujourd’hui, nous connaissons l’ampleur des pollutions locales. » Les écologistes réclament aussi les études sur la qualité de l’air promises en 2023 à la MRAe (Missions régionales d’autorité environnementale), ainsi que des données précises sur l’offre de transports en commun, un point qu’ils jugent particulièrement absurde dans le dossier actuel.

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