C’est dans une salle Brassens archicomble que Laura Seguin, tête de la liste « Nouvelles Pages pour Sète », désignée par votation citoyenne, a présenté en guise de vœux son rêve concret d’une ville ouverte et solidaire où « l’humain passe avant les intérêts financiers », ainsi que l’équipe d’hommes et de femmes prête à le réaliser.
« Vraiment, cette candidate, elle n’a rien à voir avec les politiciens qu’on a l’habitude de voir » lâche, un brin admiratif, un de ses colistiers : une voix posée, des idées claires, une calme détermination qui n’a pas faibli pendant ses six ans de mandat dans l’opposition, et un courage à toute épreuve, à l’exemple de celui qu’il lui a fallu pour monter sur la tintaine avec son poids plume ou affronter le mépris de l’équipe de Commeinhes. Un couple venu par curiosité a aussi été capté par la radicalité du discours et l’originalité de la présentation, au plus près du quotidien. Ici, en effet, pas d’envolées sur « l’attractivité du territoire », pas de grands projets à l’échelle de l’ego de leurs initiateurs ou de la manne financière qu’ils rapportent, pas de promesses mirobolantes d’économies « verte » ou « bleue » pendant que les égouts se déversent dans l’étang…. Non, juste la vie des gens que Laura Seguin évoque avec simplicité et sensibilité.
Un changement de cap en 7 ruptures
« Après 24 ans de clientélisme et d’affairisme, notre ambition, c’est un véritable changement de cap », annonce la candidate « pour que notre ville sorte enfin des mains de la droite et pour que jamais elle ne tombe entre celles de l’extrême droite ». Pendant que les cartes de vœux exprimant les ambitions de la liste « Nouvelles Pages pour Sète » sont projetées sur grand écran, la jeune candidate au poste de maire a pu affirmer clairement la philosophie humaniste qui anime sa vision d’avenir de la ville : une ville qui agit contre les inégalités et ne tolère aucune discrimination. Une ville sûre où la police de proximité « protège et apaise », une ville où l’on puisse se déplacer aisément, à pied, à vélo ou en transport collectif, se faire soigner, se loger, se cultiver …
Dans chaque domaine, elle décline le contenu politique et sa mise en œuvre. Par exemple, mettre fin à la restauration industrielle de Sodexo par un retour en régie publique de la restauration collective pour que « bien manger ne soit plus un luxe ». Cette maîtrise publique doit permettre d’assurer une alimentation de qualité au plus grand nombre, en stimulant tout un écosystème économique de production locale. « Bien se nourrir, ce n’est pas un détail, c’est un projet de société et un projet de territoire », déclare Laura Seguin qui démontre ce que pêcheurs, agriculteurs, coopératives, commerçants… auraient à gagner d’une commande publique de proximité.
Pour la SAM, la coopération à la place de la concurrence
Même préoccupation pour faire face aux pollutions récurrentes de la lagune et sauvegarder l’ostréiculture : le retour en régie publique de l’eau s’impose à la fois pour assurer, dans la coopération avec les autres communes et non dans la concurrence, les bons investissements et proposer des tarifs différenciés. Même logique pour améliorer les voiries et les transports en commun, limiter la circulation automobile et sécuriser les circulations douces… Laura Seguin assume l’objectif d’atteindre à terme la gratuité de ce qui constitue les « biens communs ». Pas plus que la ville n’est à vendre selon elle, ces services indispensables, ces « communs », ne sont des marchandises.
Après l’évocation des urgences sociales dont le dernier scandale en date est le fait qu’en plein froid, des gens dorment encore à la rue faute de dispositif de secours, elle souligne la richesse des traditions culturelles de Sète et surtout leur capacité à évoluer . « Je serai heureuse de voir chaque année toujours plus de femmes monter sur la tintaine, toujours plus de femmes jouter pendant la Saint Louis. C’est une expérience incroyable dont personne ne devrait être empêché.» Des expériences à vivre, il y en a beaucoup dans les domaines sportifs et artistiques, cette culture qui ne doit pas être seulement consommée par quelques-uns, mais surtout pratiquée, dès le plus jeune âge, dans tous les milieux et tous les quartiers, car c’est un facteur d’épanouissement.
Redonner le pouvoir aux citoyen·nes
Rendant hommage aux multiples mobilisations citoyennes qui ont imposé le débat public auquel voulait se soustraire la municipalité sortante, Laura Seguin a rappelé que c’est sur cette tradition de lutte, de débat et de citoyenneté active que s’est construite la liste « Nouvelles Pages pour Sète ». « La démocratie, tout le monde en parle. Mais il y en a qui la font déjà. Nous, cela fait un an et demi qu’on écoute, qu’on discute avec les habitants, que l’on constitue avec eux la liste et qu’on élabore un programme. Ce n’est que le début » avec les seuls moyens bénévoles et militants. «Imaginez la suite » c’est-à-dire la même volonté, la même méthode appliquée à la gestion de la ville : « nous aurons besoin d’une démocratie vivante, permanente avec des assemblées de quartier, des conseils citoyens à l’échelle de ville, les concertations larges » et « le pouvoir d’interpellation des citoyens avec le Référendum d’Initiative Citoyenne ».
Après ce discours accueilli chaudement par un public aussi attentif que réactif, Laura Seguin a appelé un par un les membres de la liste à la rejoindre sur scène, réservant à chacun quelques mots de présentation. Tout·es, candidat·es, militant·es des partis de gauche engagé·es dans la dynamique de Nouvelles Pages pour Sète ( La France Insoumise, le PCF, les Ecologistes, le Parti Animaliste, GénérationS), et soutiens citoyens se sont retrouvé·es en musique autour du buffet, emplis d’une énergie renforcée par le succès de la soirée, pour entamer les deux derniers mois de campagne.
[VIDEO] interview de Laura Seguin tête de liste Nouvelles Pages pour Sète :