Sandrine Rousseau « nous sommes en train de gagner, mais nous ne le savons pas ! »

Sandrine Rousseau à Montpellier mars 2025 - Photo - PLURIELLE INFO
Sandrine Rousseau à Montpellier mars 2025 - Photo - PLURIELLE INFO

Sandrine Rousseau était à Montpellier pour une conférence-débat organisée au Quartier Généreux, café associatif. Devant une salle comble, la députée de la 9e circonscription de Paris a livré sa réflexion sur l’urgence écologique, les mutations sociales et la bataille culturelle à mener face à l’extrême droite.

« Nous sommes en train de gagner, mais nous ne le savons pas, » lance la députée de Paris, «  nous sommes profondément en phase avec la société. » La société française est bien plus progressiste que ce que le monde politico-médiatique ne le laisse entendre, « le racisme diminue, pas assez vite, mais il diminue, le féminisme progresse, pas assez vite, mais il progresse. L’écologie est parmi les priorités fondamentales, les gens veulent y travailler. » Puis en précisant qu’il ne faut pas se référer aux sondages (qui ne sont que des réactions à l’actualité), mais aux enquêtes, Sandrine Rousseau rassure : les enquêtes sociologiques montrent « une France en avance sur le politique et les médias », loin du repli réactionnaire que certains veulent imposer. Ainsi les idées progressistes, pour un tournant écologique et solidaire, sont en train de gagner, mais tout est fait pour garder le plus grand nombre dans l’ignorance d’un nouvel équilibre, et d’un nouveau monde possible.

Une manipulation de masse

« Nous sommes majoritaires, mais nous faisons face à une manipulation de masse orchestrée par des intérêts économiques qui n’ont aucune envie de voir notre modèle changer. » Pour la responsable politique, la bataille culturelle s’impose : « le moment est à l’affrontement et je pense qu’il nous faut l’assumer […] aujourd’hui le camp adverse fait une double chose, il utilise la manipulation et il utilise son argent pour recourir à la violence, pour gagner, pour imposer que leur monde continue. »

[VIDEO] Interview avec Sandrine Rousseau, députée de Paris et auteure du livre « Ce qui nous porte » ou comment nous pouvons éviter la catastrophe :

« Nous sommes majoritaires : il est temps de l’assumer » Sandrine Rousseau.

Pour Sandrine Rousseau, le basculement politique dépendra de la capacité de la gauche à reprendre la main sur le récit collectif. Dans son livre, elle aborde le concept de l’effet Saint-Brévin sur la société, et de sa généralisation, « nous sommes dans un moment de manipulation mentale. »

L’affaire de Saint-Brévin-les-Pins concerne le maire de cette commune de Loire-Atlantique, Yannick Morez, qui a été victime de menaces et d’intimidations après avoir soutenu un projet de centre d’accueil pour demandeurs d’asile. « La population est d’accord, tout se passe très bien, le projet se déroule parfaitement. Et puis il y a des Zémmouristes qui apprennent l’existence du projet, qui ne sont pas de la ville de Saint-Brévin, qui sont à l’extérieur, et qui commencent à monter la population, à faire des campagnes, à tracter sur les marchés et ça se finit par le feu de la maison du maire de Saint-Brévin, l’abandon du projet et la démission de l’élu. »

Derrière, il y a des intérêts économiques et des puissances comme Bolloré, « qui ont trop à perdre si la gauche gagne. » La députée écologiste ne cache pas son inquiétude face à la montée des idées d’extrême droite : « nous parlons insécurité, immigration, islam tous les jours. Nous avons perdu du terrain politique sur l’écologie, les droits sociaux, la transformation de la société. »

Objectif prioritaire : « unir la gauche autour d’une dynamique collective », Sandrine Rousseau insiste sur l’importance de dépasser les clivages internes : « Si on veut gagner, on n’a pas d’autre choix que de faire ensemble. Il y a un peuple de gauche et d’écologistes qui se fiche des querelles d’appareil. Il y a des gens qui ont voté Jean-Luc Mélenchon après l’avoir critiqué pendant des années, d’autres qui ont voté PS après avoir dit qu’ils ne le feraient plus jamais. La question, c’est comment on règle nos différends, pas comment on se divise. »

Sandrine Rousseau l’affirme : « nous sommes majoritaires. Si nous en prenons conscience, nous pouvons gagner. C’est tout l’enjeu de la bataille culturelle que nous devons mener. »

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