Où est Macron ? est-il déjà parti ? À la veille de la mobilisation sociale du 17 octobre, Emmanuel Macron regarde vers l’étranger. Bruxelles les 15 et 16 octobre, puis quatre pays du Golfe à partir du 19. Un agenda diplomatique bien rempli, tandis qu’en France les colères convergent contre les politiques menées depuis 2017.
Lycéen·nes, étudiant·es, syndicats, écologistes et gilets jaunes contestent, chacun à leur manière, les choix économiques, sociaux et environnementaux de ses gouvernements. Le président a-t-il trouvé dans les affaires internationales un refuge commode face aux conséquences de sa politique intérieure ?
À Matignon, Sébastien Lecornu convoque une cellule interministérielle de crise. Place Beauvau, Laurent Nuñez prépare le maintien de l’ordre. Pour répondre aux revendications, aucune nouvelle annonce présidentielle. Pour encadrer la contestation, l’appareil d’État est mobilisé.
250 actions annoncées, jusqu’à 140 000 manifestant·es attendus
Selon l’AFP, le Premier ministre a validé la convocation de cette cellule, demandée par Laurent Nuñez. Elle doit coordonner les ministères concernés et suivre les manifestations du 17 octobre. Ce vendredi matin, le ministre de l’Intérieur a annoncé 250 appels à des actions et 80 cortèges attendus. Les autorités anticipent entre 70 000 et 140 000 manifestant·es dans toute la France.
Les grenades assourdissantes de retour
Sur France 2, Laurent Nuñez a confirmé que les grenades assourdissantes pourraient être utilisées en cas de « violences urbaines extrêmement graves ». Leur emploi avait été suspendu à titre conservatoire dans le mouvement lycéen après qu’un adolescent de 15 ans avait eu la main arrachée à Lens. 36 enquêtes de l’IGPN ont été ouvertes depuis le début de la mobilisation, dont quatre concernant des blessures mutilantes. Le ministre a également demandé aux préfets de faire lever les blocages des axes stratégiques.
Lecornu coordonne, Nuñez prépare ses forces, Macron poursuit sa diplomatie
Le 30 septembre, Emmanuel Macron avait reconnu les inquiétudes de la jeunesse tout en condamnant les violences. Le 6 octobre, il avait réuni Lecornu, Nuñez et le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, pour réclamer dialogue et proportionnalité dans les interventions policières.
Depuis, aucune nouvelle mesure présidentielle n’a été annoncée sur les moyens de l’éducation, les conditions d’études ou Parcoursup.
Le gouvernement avait déjà activé une cellule interministérielle le 1er octobre. Seize jours plus tard, la contestation persiste. Lecornu coordonne, Nuñez prépare ses forces. Macron poursuit sa diplomatie, laissant à ses ministres la gestion intérieure des colères.
