Nathalie Oziol, Alenka Doulain, Julia Mignacca, une gauche de rupture bouscule le scénario de Michaël Delafosse

Hoareau Mignacca Oziol Doulain l’émergence d’une alternative unie à gauche - Photo - PLURIELLE INFO
Hoareau Mignacca Oziol Doulain l’émergence d’une alternative unie à gauche - Photo - PLURIELLE INFO

À quelques encablures du premier tour des élections municipales, une vraie dynamique de la gauche montpelliéraine franchit une étape décisive capable de bousculer le récit socialiste de la continuité.

Mercredi 12h00, au kiosque Bosc, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, la liste « Faire mieux pour Montpellier », conduite par la députée insoumise Nathalie Oziol, a officialisé des ralliements de poids qui redessinent profondément le paysage politique local. Il devient obsolète pour le maire sortant d’agiter le danger RN incarné par France Jamet, pour ne pas avoir à nommer son véritable challenger capable de transformer démocratiquement et écologiquement Montpellier : Nathalie Oziol.

La seule alternative crédible à gauche

Autour de la France insoumise se retrouvent désormais Julia Mignacca, ancienne cadre nationale Les Écologistes et ex-numéro deux du « Printemps montpelliérain », Alenka Doulain, architecte du mouvement municipaliste « Cause commune », et Kevin Hoareau, encore chef de file de Génération.s. (avant une exclusion possible). L’alternance politique est là, assumée dans une intelligence collective face à un Parti socialiste empêtré dans sa déviance macroniste et libérale au niveau national comme local.

En conférence de presse de plein air, sur un lieu hautement symbolique des rassemblements de la NUPES, comme du NFP pour les Législatives, Nathalie Oziol explique : « nous revendiquons tous les quatre aujourd’hui être celles et ceux qui portent le programme du Nouveau Front Populaire à l’échelle municipale ». La députée insoumise lance ce mercredi 28 janvier 2026, une dynamique capable de s’imposer comme la seule alternative crédible à gauche.

Liste garantie « 100% sans macronistes »

En interview Nathalie Oziol assume une lecture lucide des sondages. « Sans croire aux horoscopes que sont parfois les enquêtes d’opinion, on voit se dégager une tendance », affirme-t-elle, estimant que la force aujourd’hui « capable de l’emporter face à Michaël Delafosse » se situe désormais du côté de la gauche de rupture. Elle oppose deux trajectoires : celle d’un mandat socialiste qu’elle juge « excluant », marqué par des projets « réellement problématiques » comme le COM (Contournent Ouest de Montpellier) ou la poursuite de la spéculation immobilière, et la trajectoire d’un projet insoumis articulant écologie de rupture, justice sociale et union populaire. Nathalie Oziol garantit sa liste « 100% sans macronistes. »

[VIDEO] Interview de Nathalie Oziol, tête de liste « Faire mieux pour Montpellier »

 

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Une fronde nationale

Le ralliement de Julia Mignacca constitue le symbole le plus fort de cette séquence. Deux jours après avoir quitté EELV – Les Écologistes, elle explique un choix « lourd émotionnellement », mais qu’elle dit avoir fait « en responsabilité ». « Le Printemps montpelliérain a rompu sa promesse », affirme-t-elle, rappelant l’engagement initial de rassembler l’ensemble de la gauche et des écologistes face au maire socialiste sortant. En cause, selon elle, l’absence de dialogue avec la France insoumise et Cause commune, et un désaccord stratégique profond au niveau national où Marine Tondelier joue à lancer la primaire de la gauche et des écologistes entourée d’Olivier Faure en pleine séquence des Municipales. Le positionnement de Julia Mignacca ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une fronde nationale au sein du mouvement Les Ecologistes qui s’est exprimée le 26 janvier par la publication d’une tribune « Municipales 2026 : à la social-écologie, préférons l’écologie de rupture. »

[VIDEO] Interview de Julia Mignacca « Faire Mieux pour Montpellier »

 

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Pour Alenka Doulain, ce rassemblement répond à une vraie attente politique : « seule cadre capable de proposer une alternance et un horizon désirable pour les Montpelliérain·nes », et elle dénonce « une ville à deux vitesses, faite pour quelques-uns par quelques-uns ». Elle appelle vivement à la construction d’un bloc populaire, écologiste et démocratique, notamment dans les quartiers populaires et auprès des jeunes, largement abstentionnistes lors des précédents scrutins municipaux.

« Macronie en fin de règne » et déni démocratique

Au-delà de Montpellier, Nathalie Oziol inscrit cette bataille dans une temporalité nationale. Elle évoque une « macronie en fin de règne » face à un déni démocratique. Elle avertit sur « la logique destructrice » du gouvernement Lecornu : les coupes budgétaires annoncées dans l’éducation et la santé, et donc la nécessité d’un signal politique fort. « Si nous gagnons ici, ce n’est pas seulement une victoire locale », affirme-t-elle, liant explicitement l’enjeu municipal aux échéances nationales à venir, « un autre monde est possible à l’échelle de la France. »

À quelques semaines du scrutin, cette dynamique vient percuter l’euphorie affichée par le camp socialiste et fragilise la bulle sondagière qui semblait jusqu’ici figée. En s’unissant autour d’une ligne de changement et de rupture assumée, la liste « Faire mieux pour Montpellier » entend imposer un duel politique réfléchi et déplacer le centre de gravité de la gauche montpelliéraine. Nathalie Oziol l’affirme :« le 15 mars, vous avez la possibilité de sanctionner le macronisme local ! »

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