Municipales : les 50 nuances de camouflage

Que tombent les masques pour refaire des communes des vrais foyers de démocratie - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO
Que tombent les masques pour refaire des communes des vrais foyers de démocratie - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO

Pour les élections municipales de mars 2026 et avant même que les listes soient déposées en préfecture, on ne compte plus celles qui se présentent comme « apolitiques », « citoyennes », « sans étiquette », « non partisanes », « républicaines » …

Républicaines, ça ne coûte rien vu qu’aucune n’aurait l’audace de se déclarer monarchiste ou contre le suffrage universel auquel elle se soumet. Elles sont même souvent « Ni de droite ni de gauche« , comme s’est longtemps déclaré le Front National et plus récemment, les officines macronistes. On le sait : cette affirmation cache toujours des choix de droite. C’est aussi souvent de ce côté que nichent les « candidats entrepreneurs » qui se présentent comme des sauveurs, publicistes et marchands de rêves pour mieux vendre le territoire et gonfler leurs égos.

Toujours très « localistes », déclarant une flamme quasi amoureuse à leur ville, béatitude (et vénération des sortants quand il y en a un) règnent dans ces listes apparemment hors sol et hors temps. Comme si les caisses des collectivités n’avaient pas été pompées par de fastueux travaux, souvent inutiles, mais favorables aux grands groupes du BTP et à la corruption ; comme si n’avait pas eu lieu sur elles de lourds transferts de charges et une baisse continue des dotations sous les gouvernements de droite, puis de « gauche » (Hollandiste), puis de « ni droite ni gauche » de Macron, avec des ministres de l’Intérieur issus des deux camps précités; comme si les emplois dans la fonction publique territoriale n’avaient pas été durement précarisés et dévalorisés .

Surtout, on ne parle pas du « national » alors que, grâce à un amendement du RN, ce vaste détournement de ressources aux collectivités au bénéfice d’un financement massif des grandes entreprises vient s’alourdir de 5 milliards d’euros dans le vote du budget 2026, au grand bonheur de Sébastien Lecornu… que le parti socialiste continue de préserver.

Déni politique encore à faire mine d’ignorer que les compétences des mairies ont été aspirées par des intercommunalités imposées, où chacun cherche à sauver son bout de gras tout en se délectant de cumuler les mandats et de diluer ses responsabilités.

Ce n’est pas la naïveté qui préside à cette apparente dépolitisation des scrutins municipaux, mais le refus des politiciens néolibéraux à assumer leurs parcours pas toujours glorieux et leurs choix pas toujours recommandables. La politique, elle, reviendra dans le secret des bureaux et des salons, au moment de voter pour les sénatoriales ou de parrainer un candidat à la présidentielle, et dans les choix de gestion que les appareils dominants et les lobbies leur ordonneront d’effectuer.

Pas d’étiquette donc pour éviter d’affronter la défiance, pour ne pas dire le dégoût, qu’inspirent chez les électeur·trices les partis politiques qui méprisent le peuple autant que le suffrage universel ou qui ont trahi. Ainsi, chacun avance masqué, à pas de loup, logo effacé, dans la joyeuse unité géo-résidentielle, avec plein de petits cœurs et d’attestations de ses « souches » (!!) locales, donnant ainsi quitus à une mentalité xénophobe. Seule référence politique unanimement autorisée : brandir LFI comme la menace de l’apocalypse, histoire de se faire passer pour de preux chevaliers tout en taisant l’hypothèse de choix alternatifs.

Le champ local est bien pratique pour maquiller les renoncements aux engagements pris lors des dernières législatives, les changements de cap, les changements d’alliance, de la droite avec son extrême, du Parti socialiste qui a juré d’exclure « toute alliance avec les Insoumis au 1er comme au 2e tour », avec des bouts de gauche en errance et plus encore avec l’extrême centre… ou l’inverse. Le tout au gré de tractations politiciennes à géométrie variable, avec force promesses de report, de fusion ou de faveurs de la part des instances départementale, régionale ou nationale… sans parler des inaugurations à gogo, des conseils en communication, de la presse locale subventionnée par les collectivités ou du clientélisme pur et dur.

Alors, que tombent les masques pour refaire des communes des vrais foyers de démocratie, de résistance, de renaissance des services publics et de reprise en main des communs, de transparence, de coopérations et d’expérimentation citoyenne.

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