[EDITO] Sous ses airs patelins, Hervé Marquès, le dauphin du condamné François Commeinhes, n’a pas hésité pour son lancement de campagne à sortir l’artillerie lourde. Normal pour un militaire à la retraite qui a fait ses armes « au Kosovo, au Liban et au Qatar », devenu entrepreneur dans le domaine de l’immobilier dont il est un ardent promoteur. Derrière l’éloge doucereux de la mixité sétoise, il se révèle le défenseur forcené des affairistes.
Dans de complaisantes interviews et lors de l’inauguration de son local de campagne, le maire intérimaire a évacué d’un revers de main ses rivaux de droite en reprochant à Pascal Pintre et à Sébastien Pacull «de vouloir renverser la table après y avoir mangé », manifestement confiant de les voir y revenir pour le 2ème tour. Puis il a clairement désigné son principal adversaire : Laura Seguin. Pour cela, il semble battre le record du mensonge : il la taxe d’insoumise (ce que ses interviewers successifs n’ont pas jugé utile de rectifier) puis il place à « l’extrême gauche » sa liste Nouvelles Pages pour Sète alors qu’elle rassemble pour moitié des citoyen·nes non encarté·es et pour l’autre des candidat·es issu·es de trois partis ( Les Ecologistes, La France Insoumise et le PCF), très officiellement classés à gauche, et non à l’extrême-gauche, par le Conseil d’État.
Quoi d’autre ? Que cette liste voudrait « désarmer la police, supprimer la vidéo surveillance » ce qui n’est nullement dans le programme de Laura Seguin; autres fake news, transformer le parking Aristide Briand « en champignonnière » ou spolier les propriétaires… ce qui montre l’ignorance de la loi par Hervé Marquès. Faute d’avoir réussi à finaliser son programme à 7 semaines du scrutin, ce maire d’héritage devrait au moins prendre connaissance de celui de ses adversaires.
Après les mensonges, le déni : Hervé Marquès fait partie de la cohorte d’amnésiques qui pensent que « le RN, on n’a jamais essayé ». Il suffit pourtant de jeter un œil vers les villes gérées par le RN ou les régimes applaudis par lui ou Reconquête, de la Hongrie à l’Amérique trumpiste, pour rafraîchir les mémoires défaillantes ou éveiller les consciences. Sans honte, il préfère agiter l’épouvantail à moineaux de l’extrême gauche, comme d’autres en leur temps brandissaient la menace judéo-bolchévique puis l’arrivée des chars russes. Ce faisant, Hervé Marques tente de faire diversion, mais révèle clairement ses partis pris.
On découvre derrière le sympathique ex-adjoint aux sports un professionnel de l’immobilier, d’abord au sein du groupe Kawan puis en 2011 du groupe immobilier PROMEO, qui a absorbé Kawan pour son marché et son expertise en matière de logements touristiques. Installé quai des Moulins et dirigé par un autre sétois, Olivier Ganivenq, ce groupe immobilier peut s’enorgueillir d’avoir contribué au bétonnage de la ville ces dernières années avec pas moins de huit opérations : Thau Indigo, Villa Marquise, Les Belles Passantes, Lady Mary, Le Nautilus, Bleu Platine, la Résidence Ôra et la Résidence Cetalia.
Visiblement passionné par les affaires, Hervé Marquès dit avoir créé sa propre entreprise de rénovation immobilière. De quoi s’agit-il au juste ? De son rôle de dirigeant chez Harmonia en 2017 et 2018, de ses entreprises individuelles H.M « d’activités combinées de soutien lié aux bâtiments » (en soutien de qui ?) en cessation d’activité depuis 10 ans, ou de la SAS. LAMARQUE, (activité de marchand de biens immobiliers) qu’il déclare avoir « mis en sommeil depuis cinq ans » ? La déclaration qu’il a dû déposer suite à son élection de maire auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique n’est toujours pas en ligne.
On comprend mieux pourquoi la modification du PLU est l’une de ses priorités et pourquoi lui et ses amis frémissent tant à l’idée que Laura Seguin et son équipe puissent mettre un sérieux coup de frein à cette surenchère immobilière qui alimente certains profits, mais sature la ville et chasse les Sétois·es les plus modestes. Faut-il vraiment confier l’avenir de Sète à l’ami des promoteurs ?