Municipales 2026 : Serge Martin rompt les rangs et défie le « Montpellier carte postale »

Serge Martin rompt les rangs et défie le Montpellier carte postale - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO
Serge Martin rompt les rangs et défie le Montpellier carte postale - Photo - LAB_ PLURIELLE INFO

« Ces gens n’ont jamais jamais jamais travaillé de leur vie… J’ai donné plus d’heures de cours que Michael Delafosse », Serge Martin. Formule choc d’une nouvelle tête de liste en course pour la mairie à l’occasion du lancement de sa campagne aux municipales 2026 de Montpellier dans la salle du Dôme, antre autrefois frêchiste. L’ex-membre du PS, désormais candidat du parti Social Démocratie Ecologie (SDE) qu’il a fondé, dit vouloir rompre avec une politique carriériste, centrée sur le « Montpellier carte postale. »

« Il faut arrêter de dépenser des milliards pour le Montpellier carte postale et passer à la politique pour les Montpelliérains.» Serge Martin annonce la couleur : rouge socialiste. En effet, le candidat entend rompre avec une politique des « clans » : PS, écologistes, LFI, Renaissance… Il prône « une vision non sectaire, non dogmatique », raison pour laquelle il se serait allié avec Mohed Altrad au second tour des élections 2020. Une romance politique qui s’est produite, même si l’homme d’affaires n’était pas le genre idéal pour l’ex-socialiste Martin : « j’ai hésité. Mais on s’est rapidement tutoyés : j’ai rencontré quelqu’un d’atypique (Mohed Altrad), qui m’a laissé porter un projet de gauche. » Pour ces élections aussi, Serge Martin reste ouvert aux propositions : « Au second tour, je n’aurais aucun problème à m’allier avec toute liste, tout candidat qui défend ces valeurs : socialisme, démocratie, écologie. »

Montpellier aux Montpelliérain·nes : habiter la ville, vivre la ville et la ville en sûreté

Montpellier aux Montpelliérain·nes, c’est un programme avec trois axes : habiter la Ville, Vivre la ville et la Ville en sûreté. Habiter la Ville, cela passe tout d’abord par « la clarté dans l’attribution des logements », 30 000 Montpelliérain·nes seraient en attente de logements sociaux, selon le candidat. C’est aussi un grand chantier de rénovation du parc privé, afin de mettre fin au mal-logement.

Vivre la Ville, à travers une économie créatrice d’emplois, avec une véritable agence de développement économique (qui devait voir le jour sous le mandat actuel), en favorisant l’installation des entreprises au-delà de Montpellier. Serge Martin rappelle les difficultés d’accès à l’emploi sur le territoire : 20 % de chômage à Montpellier, et jusqu’à 50 % dans certains quartiers. Reste que les chiffres avancés par le candidat ne correspondent pas exactement aux données publiques disponibles, qui montrent un chômage de 9,9 % à Montpellier en 2025 (Ville-Data, données Pôle emploi) et un taux de 18,5 % au recensement 2022 (INSEE). Ce dernier correspond à la part de personnes se déclarant chômeuses parmi les 15-64 ans, un indicateur différent de celui utilisé par Pôle emploi. Sur la gestion des quartiers justement, Serge Martin souhaite les démultiplier : de 7 à 30, afin de créer un découpage en cohérence avec les réalités démographiques.

À cheval entre le social et le sécuritaire : favoriser l’aide aux devoirs gratuite et développer les activités culturelles et sportives « pour éviter que les jeunes ne soient dans la rue et tombent dans les bras des dealers. » Une sûreté qui nécessiterait « plus de policiers municipaux, un travail de proximité, de médiation et d’accompagnement social. »

De coupeur de ruban à maire

Pas de politique des Grands Travaux coûteuse pour le candidat. Serge Martin affiche sa rupture avec l’actuel maire de Montpellier, qu’il qualifie de « coupeur de rubans. » Selon lui, la ville serait endettée à hauteur de « 2 milliards d’euros, pour satisfaire à une certaine vision de Montpellier, pas pour répondre aux besoins des habitants. » Mais sauf à y inclure d’autres collectivités, selon le rapport comptable de 2024 de la municipalité, l’encours de dette : ville + métropole atteint 1,260 Mds €.

Bref, il y a encore du boulot pour Montpellier, d’après la tête de liste de SDE. Heureusement, Serge Martin dit pouvoir compter sur « sa capacité à gérer une ville plutôt qu’une capacité à gagner des élections », et se place en opposition avec « ces gens qui n’ont jamais jamais jamais travaillé de leur vie. » Boutade ou réalité, le chef de projet à la Chambre de métiers et de l’artisanat de région aurait ainsi « donné plus d’heures de cours que Michael Delafosse », l’actuel titulaire de la mairie.

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