Bilan provisoire ? Une rapide recherche sur internet m’apprend qu’il y aurait eu : 761 blessés parmi les policiers et gendarmes en marge du mouvement lycéen, 251 blessés chez les lycéens, 80 dans le personnel d’enseignement.
Ces chiffres me laissent rêveur (vous me direz que je le suis déjà sans eux mais je ne vous ai pas sonné).
761 blessés chez les « armés jusqu’aux dents », sur-entraînés à la bagarre, avec LBD, grenades, matraques, boucliers, casques à visières renforcées, tenues en coques aux épaules, aux coudes, genoux, thorax, chaussures de sécurité ?
251 blessés chez les jeunes qui font deux heures de sport par semaine (avec nonchalance la plupart du temps), en tenue de ville, survêtement et casque à vélo comme protection pour les mieux lotis ?
Je ne vois que deux explications à cette bizarrerie : Soit ils comptent dans les blessures de policiers les ongles incarnées, les coiffures défaites et les blessures d’amour-propre parce qu’un drôle leur a échappé.
Soit il ne reste que l’autre explication : Nos forces de l’ordre sont incompétentes. Je ne parle pas d’incompétence pour calmer le jeu et faire baisser les tensions : celle-là est largement connue, reconnue et documentée. Non. Je parle d’incompétence pour la répression …
Puis je pense aux mâchoires brisées, à l’avant bras arraché, à l’œil perdu, aux gamins de l’école primaire trop proche du lycée suffoquant sous les lacrymogènes. Je constate qu’il sont tous du même côté de la barricade, du côté de la jeunesse.
Et je me dis qu’il n’y a que la première explication qui soit plausible.
Ceci dit, chaque blessé est un blessé de trop, quel que soit son camp, car le problème est qu’il y ait deux camps quand il ne devrait y en avoir qu’un seul : celui du respect du droit de contester, de revendiquer, de manifester, le respect du droit d’exiger les moyens (qui existent !) de vivre et de grandir en humanité dans cette seconde que dure le temps qui sépare la naissance qui nous oublie de la mort qui nous attend. Tous.
