Mobilisation du 3 avril : la CGT des services publics dénonce une « guerre sociale »

Montpellier mobilisation 3 avril 2025 - Photo - Jean-Philippe Vallespir
Montpellier mobilisation 3 avril 2025 - Photo - Jean-Philippe Vallespir

Ce jeudi 3 avril, les services publics étaient appelés à mobiliser l’ensemble des agent·es pour une journée d’action nationale, les syndicats et notamment la CGT entendent dénoncer une « guerre sociale » imposée par le gouvernement au monde du travail.

« C’est le retour de l’argent magique », fustige Serge Ragazzacci, avec 800 milliards d’euros annoncés au niveau européen, dont « 40 milliards pour la France », pour renforcer l’industrie militaire. Pour les syndicats, ces choix budgétaires se font au détriment des politiques sociales et du financement des services publics.

[VIDEO] Interview de Serge Ragazzacci Secrétaire Général CGT 34 :

« Nous créons de vraies richesses pour toute la population »

« Fonctionnaire, c’est presque devenu une insulte », s’indigne Christine Saint-Joanis, co-secrétaire de la FSU 34. Pour elle aujourd’hui « ce n’est pas une simple grève, c’est une mobilisation multiforme. » Aux côtés de la CGT, de Solidaires et de l’UNSA, elle dénonce l’asphyxie budgétaire des services publics et le mépris croissant envers leurs agents. « Être fonctionnaire devient presque un gros mot. Mais qu’on essaye de vivre dans un pays sans fonction publique ! » martèle-t-elle. La militante rappelle l’importance de ces services qui « assurent l’égalité et la sécurité dans les accidents de vie ». Et de conclure : « Nous ne sommes pas une variable d’ajustement pour enrichir les patrons. Nous créons de vraies richesses pour toute la population. »

Pour Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU 34, le cap pris par Emmanuel Macron depuis 2017 est de mettre en place « des gouvernements réactionnaires qui s’en prennent aux plus fragiles en s’attaquant au service public ». Santé, éducation, culture, protection de l’enfance sont les premières victimes d’une politique qui sacrifie le social. « Il est temps d’inverser cette logique. L’argent existe, la France est un pays riche, mais on a multiplié les cadeaux aux grandes entreprises. Il faut désormais le prendre là où il est. »

Les syndicats pointent notamment la baisse de 10 % de la rémunération des agent·es en arrêt maladie, entrée en vigueur le 1er mars, qu’elle juge injuste et pénalisante. Parmi toutes les revendications portées : l’abrogation de la réforme des retraites, le retour au départ à 60 ans, une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, l’indexation des salaires sur l’inflation, ainsi que la suppression du jour de carence et la revalorisation immédiate du point d’indice à six euros. Plus prioritaire encore, la CGT exige « une stricte égalité salariale entre femmes et hommes ».

Aides publiques massives aux grandes entreprises

Lors de sa prise de parole en fin de manifestation, Serge Ragazzacci a dénoncé « une infamie démocratique » avec les régressions sociales en cours. Il a ciblé en particulier les attaques contre les services publics et la réforme des retraites. Son allocution offensive a été un appel à maintenir la mobilisation et à poser un cadre de réponse unitaire, sociale et démocratique.

Dans une tonalité résolument politique, le Secrétaire Général CGT de l’Hérault rappelle les aides publiques massives versées aux grandes entreprises « soit 230 milliards d’euros » tandis que les fermetures d’usines, les licenciements et l’envolée des dividendes se multiplient. « Il faut reprendre ce qui est à nous », lance-t-il, en soulignant que « les richesses doivent aller vers l’emploi, la transition écologique et les besoins sociaux. »

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