Mobilisation du 1er avril, la CGT dénonce « l’extinction des libertés » dans le social

CGT Santé et action sociale drapeau - Photo - PLURIELLE INFO
CGT Santé et action sociale drapeau - Photo - PLURIELLE INFO

Les salarié·es du secteur social et médico-social privé, emmenés par la CGT Action Sociale Est Hérault, appellent à une mobilisation massive le mardi 1er avril 2025 à 14h, place de la Comédie à Montpellier.

En toile de fond, un secteur exsangue, des salarié·es précarisé·es et une alerte lancée contre la répression syndicale. Le ton du communiqué est plutôt grave. Il dénonce une tentative de musellement des personnels, sommés par leur direction de ne plus s’exprimer sans autorisation auprès des médias. « Tout contact avec la presse nécessite l’autorisation du président … sans autorisation le salarié commet une faute professionnelle », peut-on lire sur une directive interne chez APS34, qui a le culot de vouloir intimider les salarié·es.

Atteinte directe à la liberté d’expression et au droit syndical

Une mesure que la CGT assimile à une atteinte directe à la liberté d’expression et au droit syndical, en contradiction avec la loi de 1881 sur la liberté de la presse et l’article L1121-1 du Code du travail.

Cette pression intervient alors même que les salarié·es venaient d’obtenir une reconduction, voire une légère revalorisation, des budgets associatifs, qu’ils redoutaient de voir amputés. Mais c’est sur les conditions de travail et de rémunération que l’alerte est la plus vive : dans ce secteur à 70% féminisé, les salaires flirtent avec le SMIC malgré des responsabilités lourdes et des horaires souvent dérogatoires.

En 2024, près de 15 % des salarié·es du privé étaient rémunéré·es au salaire minimum. La CGT dénonce une logique d’austérité généralisée : salaires bloqués, dégradation des conditions de travail, recours croissant à l’intérim, explosion des tâches administratives, désengagement de l’État et des conseils départementaux.

Risque de dérégulation brutale

La proposition d’Axess, principale fédération patronale du secteur, d’en finir avec les conventions collectives pour renvoyer à des accords d’entreprise fait craindre une dérégulation encore plus brutale. Dans un secteur déjà comparé à celui des EHPAD privés, où la logique financière prime sur l’humain, les militant·es alertent sur une pente dangereuse : celle d’un appauvrissement programmé, doublé d’une volonté d’éradiquer toute contestation.

Le rendez-vous du 1er avril à Montpellier est autant un cri d’alarme qu’un appel à la solidarité nationale.

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