L’inacceptable M. Roussel : une « blague » sexiste qui fracture le PCF ?

Fabien Roussel Secrétaire national du PCF - Photo - DR YT
Fabien Roussel Secrétaire national du PCF - Photo - DR YT

La polémique ne retombe pas. Après ses propos jugés sexistes sur la grossesse de Marine Tondelier, le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, fait face à une fronde interne d’ampleur. Dans une lettre révélée par Le Parisien, 350 élues et militantes communistes dénoncent des propos « clairement sexistes » et une « violence » visant une situation intime.

À l’origine de la crise, une intervention rapportée le 1er avril par le journaliste Patrick Cohen dans l’émission C à vous sur France 5. Selon lui, Fabien Roussel aurait plaisanté sur une possible paternité liée à un « don de sperme », évoquant la grossesse de Marine Tondelier, rendue possible après un parcours de procréation médicalement assistée.

Des propos immédiatement perçus comme déplacés, jusque sur le plateau, où le malaise a été visible. La réaction de l’intéressée, lapidaire « qu’est-ce qu’on se marre », a souligné l’embarras. Rapidement, la polémique a pris de l’ampleur, notamment au sein même du PCF.

Congrès de Lille

Dans leur courrier, les signataires estiment que cette séquence « décrédibilise la parole » du parti. Elles dénoncent un « discours de domination » et rappellent que les enjeux féministes sont au cœur des débats internes, à l’approche du congrès prévu début juillet à Lille. Une échéance stratégique, où doivent être discutées la ligne politique du parti, la reconduction de Fabien Roussel et ses ambitions présidentielles.

L’encore dirigeant communiste a présenté des excuses publiques, reconnaissant le caractère inapproprié de ses propos. Sur le réseau X, il évoque des sujets « intimes, parfois difficiles » et admet que « le corps des femmes est encore trop souvent un enjeu de pouvoir ».

Il est à craindre que cette blague soit le faux pas de trop, la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Car au-delà de l’excuse, quelle crédibilité accorder au parti plus que centenaire dont le principal représentant se confirme être un incurable fanfaron, machiste de surcroît ?