Les Écologistes veulent casser les idées reçues sur la sécurité

Eric Piolle maire de Grenoble Les Ecologistes - Photo - Lise Florès
Eric Piolle maire de Grenoble Les Ecologistes - Photo - Lise Florès

D’abord soupçonnés de laxisme et autre wokisme face aux questions de sécurité, les élus écologistes revendiquent désormais une politique des “sécurités” à la fois globale et de proximité. À Strasbourg comme à Grenoble, ils démontent les clichés.

À Strasbourg, Françoise Buffet, adjointe EELV à la maire Jeanne Barseghian, revendique son engagement à partir de son expérience. Issue d’un quartier populaire, elle a grandi dans une ZUP et observé de près l’évolution de la relation police-population.  « Dans ma jeunesse, il y avait une vraie police de proximité. Aujourd’hui, ce lien est rompu. En politique, j’ai voulu recréer cela », affirme-t-elle.

Elle rappelle une critique récurrente visant les écologistes : « L’idée reçue, c’est qu’on allait enlever les armes aux policiers. » Pour elle comme pour Éric Piolle, maire de Grenoble depuis 2014, l’enjeu n’est pas de désarmer, mais de repenser la cohérence des choix en matière de sécurité : armement, caméras, organisation policière. Des décisions lourdes dont l’efficacité relative est largement documentée par la recherche scientifique et qui, une fois actées, sont difficiles à remettre en cause.

[VIDEO] Interview d’Éric Piolle, maire de Grenoble :

« La sécurité est un sujet de la vie quotidienne »

À Grenoble, le maire Éric Piolle s’attaque frontalement au stéréotype d’élus écologistes indifférents à la sécurité. « La sécurité est un sujet de la vie quotidienne et si l’on veut être en responsabilité, on balaie tous les champs de la vie quotidienne et donc aussi les questions de sécurité », tranche-t-il. Mais il revendique une approche différente de celle du gouvernement : « Dans la garantie des sécurités, il y a toutes les sécurités : quand on parle de pollutions, on parle de sécurité ; quand on parle d’alimentation, on parle de sécurité ; on parle aussi de sécurité dans l’espace public et des agressions sexistes et sexuelles ou encore de sécurité sécurité incendie ou de sécurité routière. »

Opposer d’autres visions à la politique nationale jugée inefficace

Eric Piolle critique la logique nationale centrée sur la répression : « On est passé de 60 000 personnes incarcérées à 85 000 sans que ça améliore la sécurité et la tranquillité publique. » Pour lui, le système actuel ne produit pas de résultats tangibles, mais seulement de la communication : « Une fois que Darmanin, ministre de l’Intérieur a dit trois fois “plus jamais ça”, les gens n’y croient plus et il laisse la place à Retailleau qui fait pareil. » À l’inverse de cette orientation, Eric Piolle place l’aménagement urbain au cœur de la sécurité : « L’espace public, à l’origine, était fait pour nous pousser à la consommation, avec des bagnoles partout et des pubs. Nous, on dit : l’espace public, c’est un espace de partage. »

À Grenoble, cette philosophie s’est traduite par la suppression de la publicité, la généralisation du 30 km/h dès 2015, l’élargissement des trottoirs, la plantation d’arbres et les « chantiers ouverts », qui permettent aux habitants de transformer collectivement des espaces dans leur quartier.

Les écologistes envisagent sereinement que la sécurité domine les municipales de 2026. Pour Éric Piolle, c’est aussi le signe d’un retournement : « Sur la sécurité, oui, ça va être un thème de campagne en 2026. Mais quand on en est à parler de sécurité, c’est qu’on a gagné un certain nombre de batailles culturelles. »

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