Le recours déposé par La France Insoumise auprès du Conseil d’État demandant l’annulation de la circulaire du 2 février 2026 par laquelle le ministère de l’Intérieur la catégorise dans l’extrême gauche a été examiné le 25 février. La décision, publiée le 27 février, rejette ce recours.
Le motif évoqué pour justifier cette décision confirme la manœuvre entreprise par le gouvernement pour brouiller les catégories à quelques semaines des élections municipales afin d’isoler la France Insoumise et d’empêcher toute comparaison sérieuse avec les scrutins précédents.
En effet, le Conseil d’État expose pour justifier sa décision : « Il est constant que, pour les élections municipales organisées les 15 et 22 mars 2026, cette formation politique a investi, notamment dans la plupart des communes les plus peuplées [sic], des candidats et listes relevant des nuances «FI/La France insoumise» et « LFI/La France insoumise » séparément des candidats et listes investies ou soutenues par les formations politiques dont les nuances, sont regroupées dans le bloc de clivage «gauche». Dans les circonstances prévalant à la date de la circulaire attaquée se rapportant aux élections municipales de mars 2026, le ministre de l’Intérieur, qui n’était pas tenu de se référer, pour déterminer les blocs de clivage auxquels ces nuances sont rattachées, aux alliances conclues par La France insoumise à l’occasion de précédents scrutins, n’a pas entaché son appréciation d’erreur manifeste, les nuances politiques et blocs de clivages ayant pour objet, ainsi qu’il a été dit, de permettre l’agrégation des résultats d’une élection déterminée et non pas principalement d’effectuer des comparaisons entre des élections différentes ».
Autrement dit, comme La France Insoumise ne se fond pas dans les listes reconnues par le gouvernement comme appartenant elles au bloc de «gauche», c’est bien la preuve que ce mouvement est d’extrême gauche ! L’appréciation du Conseil d’État, strictement et bêtement juridique, ne retiendra pas les nombreux cas de communes où des listes conduites par des insoumis·es sont des listes d’union comprenant des candidat·es de partis dont l’appartenance à la « gauche » n’est pas remise en cause par la circulaire incriminée (PCF et/ou EELV).
À ce compte-là, il y aurait une autre approche bien plus objective pour redistribuer les étiquettes : par exemple, dans la mesure où le parti socialiste refuse toute alliance avec le premier parti de gauche à la présidentielle et aux législatives et où il soutient le gouvernement Lecornu, il pourrait tout aussi bien être classé au «centre», voir à «droite ». Et quand macronistes ou Républicains reprennent des expressions de Maurras et Pétain, avec « l’anti-France » ou « Travail, famille, patrie« , on les classe où ? À l’extrême droite ?
