Le budget Bayrou, pire que celui de Barnier, imposé par 49.3 : et après ?

Assemblée nationale février 2025 ambiance complice - Photo - DR TP
Assemblée nationale février 2025 ambiance complice - Photo - DR TP

Toujours dépourvu de majorité à l’Assemblée Nationale, le gouvernement a finalement imposé le 5 février son budget 2025 et celui de la Sécurité Sociale, en usant par deux fois le même jour de l’article 49.3 : le budget n’est donc ni voté ni discuté, mais adopté si le gouvernement qui met en jeu sa responsabilité n’est pas censuré.

Le vote des député·es NFP (auquel a fait défaut, celui du groupe socialiste moins 6 voix) n’a pas été suffisant pour éviter l’adoption de ces deux budgets les plus austéritaires jamais vus depuis 25 ans. D’autant que, ravi par la reprise de ses fantasmes xénophobes, le RN s’est encore une fois rallié aux Macronistes et aux Républicains pour pérenniser les choix de régression sociale et environnementale. François Bayrou respire avant de replonger dans les profondeurs financières de l’État, pour sonder les 3 300 milliards de dette laissés par ses brillants prédécesseurs.

Les 68 articles du texte du Béarnais dans « son » projet de loi de finances (PLF) pour 2025 ne sont pas une révolution tant ils poursuivent et aggravent la guerre menée contre les services publics et les classes populaires, mais risquent peut-être d’en inspirer une, dans la rue, pour le printemps.

L’objectif de ramener le déficit à 3 % du PIB d’ici 2029, semble bien être une mission impossible, surtout quand les pouvoirs qui se succèdent refusent de mettre à contribution les milliardaires et entreprises du CAC 40 qui ont littéralement vampirisé  et asséché le budget de l’État. Les mesures pourtant modestes et ponctuelles visant à les taxer légèrement sont si mal fagotées qu’elles ont toutes les chances d’être annulées par le Conseil d’État.

C’est donc aux collectivités locales qu’ils s’en prennent en baissant drastiquement leurs ressources, ainsi qu’à l’éducation, la recherche et à la santé et plus largement à la protection sociale via le budget de la Sécurité sociale. “Les Français et nos services publics vont cracher du sang” prévient la députée insoumise Clémence Guetté. Après avoir volé deux ans de vie en portant à 64 ans l’âge légal de départ en retraite, voilà qu’une journée de travail gratuit est imposée à la totalité des salarié·es. « Travailler plus pour gagner moins », on connait la chanson.

Quant au monde associatif qui pallie depuis des années les défaillances de l’État et tient à bout de bras la solidarité, la santé, la vie culturelle et sportive, il est à craindre qu’il ne survive pas aux coupes qui lui sont imposées. Déjà avant que le budget ne soit voté, l’État avait suspendu brutalement le service civique – 150 000 contrats pour les jeunes de moins de 25 ans, essentiellement dans le milieu associatif ! Le maillage associatif offre des milliers d’emplois, mais aussi un cadre à l’investissement de millions de bénévoles dont les compétences et l’énergie seraient perdues pour la société.

Face au mécontentement qui pointe, François Bayrou doit déjà faire marche arrière sur sa proposition d’imposer la TVA aux micro-entrepreneur·ses ( ex auto-entrepreneur·ses ), dès 25 000 € de chiffre d’affaires au lieu de 37 500 auparavant (quand le RN proposait lui par amendement de descendre ce seuil à 18 750 € !!!).

Depuis le vote de la censure du 4 décembre qui a fait tomber le gouvernement Barnier, l’arc anti-démocratique brandit la menace du “chaos” et de “l’instabilité”. Les deux sont là pour la vie quotidienne de millions de personnes, et pas que les plus pauvres. La seule stabilité qui existe, c’est pour les gros héritiers, les rentiers, les milliardaires et des défenseurs zélés de leurs intérêts.

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