Julia Mignacca quitte Les Écologistes et dénonce une dérive stratégique

Julia Mignacca - Photo - DR JM
Julia Mignacca - Photo - DR JM

En ce début de semaine, Julia Mignacca a annoncé sa démission du parti Les Écologistes et de ses fonctions de présidente du Conseil fédéral. Dans une lettre adressée à la direction, elle évoque un « constat amer, mais impossible à ignorer » et affirme ne plus pouvoir « rester dans le parti qu’est devenu Les Écologistes ».

La première rupture, écrit-elle, remonte aux élections européennes, lorsque Les Écologistes ont choisi de partir seuls alors que La France insoumise proposait de conduire une liste d’union. Selon elle, ce choix a « placé Bardella en tête devant l’ensemble de la gauche et précipité la dissolution ». Elle dénonce ensuite un accord national avec le Parti socialiste et le fait de « jouer aujourd’hui la primaire présidentielle pendant ce scrutin majeur », au risque, selon ses mots, de « l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir ».

Julia Mignacca met en cause une ligne qu’elle juge incompatible avec l’écologie politique. Elle rappelle que le Parti socialiste a « accompagné les gouvernements Bayrou puis Lecornu, notamment par le vote du PLFSS et le refus de la censure », tout en soutenant des projets « incompatibles avec l’écologie politique », comme « l’A69 ». « Je ne peux pas cautionner qu’on se range derrière le bloc libéral », affirme-t-elle lors de notre interview.

Le désaccord est aussi local. À Montpellier, elle critique une stratégie qui, selon elle, préfère « faire gagner la partie la plus à droite du Parti socialiste » plutôt que d’envisager un accord avec La France insoumise, pourtant « très forte électoralement » et partageant « des bases programmatiques communes ». Elle déplore une logique de mises en scène médiatiques et un fonctionnement interne où « la direction nationale privilégie le système de cartes d’adhésion au détriment de la compétence et de l’intelligence collective ».

Dans notre interview, Julia Mignacca insiste sur l’urgence politique. « On vit une vague brune globalement partout dans le monde », déclare-t-elle, jugeant « complètement irresponsable » toute stratégie qui affaiblirait une réponse de gauche face à cette dynamique. Elle martèle la nécessité d’« affirmer une écologie populaire », estimant que « se battre pour le climat, c’est aussi se battre pour les gens ».

Julia Mignacca réaffirme son attachement à l’écologie politique, tout en actant une rupture nette avec la ligne actuelle. « Mon engagement est pour une écologie résolument de gauche. Il l’a toujours été », écrit-elle, avant d’ajouter qu’à cause de la voie choisie par le parti et Marine Tondelier : « je n’ai d’autre choix que de partir » .

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