Jean-Luc Mélenchon accuse les « élites irresponsables » : Emmanuel Moulin et Patrick Martin sommés de rendre des comptes

Jean-Luc Mélenchon accuse les « élites irresponsables » Emmanuel Moulin et Patrick Martin - Photo - Flux FI
Jean-Luc Mélenchon accuse les « élites irresponsables » Emmanuel Moulin et Patrick Martin - Photo - Flux FI

À Clermont-Ferrand, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé les discours alarmistes sur la dette française, particulièrement ceux d’Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France. Il accuse les dirigeants financiers et patronaux de contribuer à affaiblir la confiance dans le pays tout en exigeant des Français qu’ils se soumettent aux marchés. Patrick Martin, président du Medef, n’a pas davantage échappé à ses critiques.

« Rassurer les marchés ! Comment ils s’appellent ? Où ils habitent ? Que j’aille les rassurer. » C’était ce dimanche 11 octobre, Jean-Luc Mélenchon s’attaque à cette injonction répétée dès qu’il est question des finances publiques. « Quel marché ? De quoi vous parlez ? Il n’y a pas de marché. Il y a des hedge funds, il y a des compagnies financières, il y a des compagnies d’assurance. » Le candidat pour 2027 accuse ces acteurs de spéculer sur les difficultés françaises : « On parie sur le cassage de figure des Français. Et si on se casse la figure, ils rempliront leurs poches. »

Emmanuel Moulin accusé d’alimenter la défiance envers la France

Mélenchon reproche particulièrement au gouverneur de la Banque de France ses déclarations alarmistes sur l’endettement. Pour l’insoumis lorsqu’un haut responsable français présente publiquement son pays comme menacé d’asphyxie financière, il contribue lui-même à nourrir la défiance des investisseurs et donc à renchérir potentiellement le coût de ses emprunts.

Jean-Luc Mélenchon avait déjà développé cet argument à propos des responsables du gouvernement : « Comment voulez-vous que, quand les responsables français eux-mêmes disent que le pays est en faillite, surtout quand ils sont Premier ministre, les financiers n’aillent pas dire : alors ils doivent être en faillite puisque même leur chef le dit ? » Quant à Emmanuel Moulin : « vous n’avez pas, monsieur le gouverneur, à aller à l’étranger dire que si les Français continuent comme ça, ils vont être étranglés par la dette. Parce que quand vous parlez comme ça, vous parlez contre votre patrie, contre votre peuple et contre l’intérêt général. »

Jean-Luc Mélenchon décrypte également son parcours dans la haute administration financière : « cet homme, il a écrit sur lui toute la dette du pays, il en est en partie responsable et il vient nous donner la leçon. » À Emmanuel Moulin, qui a déclaré ne pas vouloir se laisser impressionner, il répond : « c’est bien ce qu’on va voir. »

Patrick Martin : le patriotisme à géométrie variable

Le président du Medef, Patrick Martin, est également interpellé pour avoir évoqué son départ de France en cas d’élection de Mélenchon. « Ce n’est pas ce que disent les petits patrons que je connais, qui en sont au même point que vous tous, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas la possibilité de s’en aller et d’ailleurs, ils n’en ont pas envie. »

Le dirigeant insoumis oppose les grands patrons susceptibles de déplacer leurs intérêts aux entrepreneurs dont l’activité et la vie restent attachées au territoire. « Une fois de plus, des élites irresponsables trahissent leur pays et montrent à quel point ils n’en ont rien à faire de toutes les leçons qu’ils nous donnent de patriotisme. »

Derrière ces attaques, Mélenchon défend une autre lecture de la dette : « la France est et reste plus riche qu’elle n’a jamais été. Toute la question est de savoir comment cette richesse est répartie. »

Certes, les avertissements du gouverneur peuvent peser sur la perception des investisseurs, mais la dette, ses intérêts et les risques budgétaires existent indépendamment des déclarations d’Emmanuel Moulin. Jean-Luc Mélenchon conteste surtout le pouvoir accordé à ceux qui commentent les finances publiques et refuse que leurs avertissements tiennent lieu de politique économique.

Quant aux menaces du patron des patrons, elles suscitent sur les réseaux des milliers de commentaires, tous unanimes : « qu’il s’en aille« , « on n’a pas besoin de lui »., « les patrons nous coûtent un pognon de dingues« … De toutes les façons, avec l’impôt universel inscrit au programme de Mélenchon, il devra quand même payer ses impôts en France. Fini l’évasion fiscale !

Bon à savoir

Emmanuel Moulin, de Sarkozy à Macron, six ans à la tête de la Banque de France

Diplômé de Sciences Po, de l’Essec et de l’ENA, Emmanuel Moulin, 57 ans, incarne la haute administration financière française. Passé par la Banque mondiale, Citigroup et Mediobanca, il devient directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde en 2007, puis conseiller économique de Nicolas Sarkozy de 2009 à 2012.

En 2017, il rejoint Bruno Le Maire comme directeur de cabinet à Bercy, avant de diriger le Trésor de 2020 à 2024. Après un passage auprès de Gabriel Attal à Matignon, il devient secrétaire général de l’Élysée en avril 2025.

Nommé par Emmanuel Macron, il succède le 2 juin 2026 à François Villeroy de Galhau à la Banque de France. Son mandat de six ans court jusqu’au 1er juin 2032, au-delà de la présidentielle de 2027.

Membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, il participe aux décisions monétaires européennes. Son mandat, renouvelable une fois, bénéficie d’une protection légale contre la révocation anticipée, sauf incapacité ou faute grave.

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