Portée par un contexte social marqué par des tensions sur les salaires, les conditions de travail et plusieurs réformes plus que contestées, la mobilisation du 1er mai est en hausse dans l’Hérault.
Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les principales villes. La participation a été très importante dans l’Hérault. À Montpellier, environ 4 000 personnes ont manifesté, contre 1 000 en 2024. Le cortège a notamment été marqué par la présence de l’inter-organisation féministe, derrière la banderole « Grève féministe, riposte antifasciste », au sein du collectif « Montpellier contre l’extrême droite ».
« On est là pour défendre nos droits, mais aussi le sens même du 1er mai », témoigne une participante.
À Sète, 1 200 participants ont été recensés. À Béziers, environ 500 personnes se sont mobilisées, et 150 manifestant·es étaient présent·es à Lunel.
À Lunel, le cortège rendait visible la présence des différentes composantes de la gauche, toujours marquées par l’absence de liste commune lors des dernières municipales. Tous se sont retrouvés autour d’une paella organisée par la CGT, chacun restant toutefois à un bout de la salle. La CGT et la réalité du terrain parviendront-elles à rassembler ce que divisent encore les égos locaux ?
« Les revendications sont de plus en plus pressantes sur les salaires face à l’inflation. Les gens ont de plus en plus de mal à vivre de revenus qui ne suivent pas la hausse des prix », explique Alain Bobet, secrétaire de l’Union locale lunelloise. Il évoque aussi « des tensions croissantes […] sur les conditions de travail ».
Ces mobilisations s’inscrivent dans un contexte de réformes très contestées du marché du travail et de la protection sociale, auquel s’ajoutent des propositions qui ont pour but d’élargir les dérogations au travail le 1er mai, notamment dans le commerce.
En France, le 1er mai reste le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour la quasi-totalité des salariés, hors secteurs essentiels comme la santé ou les transports. Un employeur ne peut pas décider librement de faire travailler ses salariés ce jour-là.
Hérité des luttes ouvrières, le 1er mai symbolise la conquête de droits sociaux, dont la journée de huit heures obtenue en 1919. Il s’inscrit dans une histoire internationale née des mobilisations ouvrières de 1886 aux États-Unis, avant d’être institué journée mondiale en 1889.
Dans la plupart des pays européens, le 1er mai est aussi férié et marqué par des manifestations. Mais les règles sont moins strictes qu’en France, où son caractère chômé est particulièrement encadré. Aux États-Unis, le 1er mai n’est pas un jour férié mais conserve une dimension militante : la fête du travail, le “Labor Day”, est célébrée en septembre.
Avec une mobilisation en hausse dans plusieurs villes, cette édition 2026 confirme la place importante et à forte valeur politique du 1er mai.
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