Fiscalité : le malaise des maires de la métropole de Montpellier

Conseil de métropole du 28 avril 2026 - Photo - DR Montpellier3M
Conseil de métropole du 28 avril 2026 - Photo - DR Montpellier3M

Le vote du budget 2026 de Montpellier Méditerranée Métropole, mardi 28 avril, a laissé naître une fracture politique rarement aussi visible entre les maires des 31 communes. En cause, la hausse spectaculaire de la taxe foncière décidée par l’exécutif de Michaël Delafosse pour équilibrer les finances métropolitaines.

Côté entreprises, la CFE reste stable à 36,58%. En revanche, la majorité métropolitaine défend une mesure jugée indispensable pour maintenir les investissements et éviter une dégradation budgétaire, le passage du taux métropolitain de taxe foncière sur le bâti, qui passe de 0,167 % à 5,8 %, avec un rendement supplémentaire attendu de 44 millions d’euros.

Chez plusieurs maires, y compris au sein des élus soutenant globalement la gouvernance métropolitaine, le « choc » fiscal passe mal.

Le vote sur les taux d’imposition a fait l’objet d’une délibération distincte du vote du budget global. Un point important politiquement, car il a permis à plusieurs élus d’exprimer clairement leur opposition à la hausse fiscale tout en soutenant ensuite le budget général de la métropole. Au final, la délibération n°4 a été adoptée, mais avec 25 votes contre et 9 abstentions.

« J’ai pris un engagement… J’y suis fidèle » Julien Miro

Le maire de Castelnau-le-Lez, Julien Miro, a été l’un des premiers à afficher son opposition. « On a un taux d’imposition très élevé, 30 % au-dessus de la moyenne des villes de l’Hérault. J’ai pris un engagement de baisser la part communale de la taxe foncière de 20 %. J’y suis fidèle et nous voterons contre », a-t-il déclaré.

Deux autres maires ont voté contre : Jean-Luc Meissonnier à Baillargues et Guy Lauret à Vendargues. Ce dernier a dénoncé une hausse menée dans une « temporalité trop resserrée ».

D’autres élus ont préféré s’abstenir. Frédéric Gueydan, maire de Montferrier-sur-Lez, a reconnu que cette hausse allait « à l’encontre » de ses engagements. Même tonalité à Villeneuve-lès-Maguelone où les co-maires de droite, Virginie Martos Ferrara, et Olivier Nogues, ont jugé la mesure « trop brutale ».

Quant au nouveau maire grabellois, Pascal Heymes, il a défendu une décision rendue selon lui inévitable par l’état des finances locales : « s’il n’y a pas d’action sur la fiscalité des ménages, on a une épargne nette négative.» Idem pour le maire de Lattes, Cyril Meunier : « on est obligé de passer par une augmentation de la taxe foncière. »

Ce temps politique est à retenir pour distinguer les différentes postures de communication, même si certain·es contestent publiquement la hausse d’impôts, beaucoup continuent parallèlement à soutenir le fonctionnement global de la majorité métropolitaine et ses grands choix budgétaires.

Une gestion « rigoureuse »

En amont du vote, la communication institutionnelle de la Métropole avait préparé le terrain. Lors du débat d’orientations budgétaires du 21 avril, Renaud Calvat, vice-président aux finances, avait défendu une gestion « rigoureuse » dans un contexte jugé difficile pour les collectivités. L’exécutif mettait déjà en avant une métropole « sous-dotée » par l’État, avec seulement 85 euros de dotation globale de fonctionnement par habitant, présentée comme la plus faible de France parmi les métropoles.

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