Des parapluies roses (en plastique) aux fumées de l’incinérateur : le grand paradoxe montpelliérain

Comité de défense contre l’incinérateur CSR Montpellier 3M - Photo - DR SH
Comité de défense contre l’incinérateur CSR Montpellier 3M - Photo - DR SH

Des parapluies roses pour sensibiliser au cancer, des financements de l’État pour améliorer la qualité de l’air et un projet d’incinérateur à quelques kilomètres : à Montpellier, le contraste interpelle. Mardi 6 octobre, alors que le conseil métropolitain approuvait à 44 voix contre 16 une nouvelle étape du projet de transformation d’Amétyst en unité de production de Combustibles Solides de Récupération (CSR), le comité de défense contre l’incinérateur CSR Montpellier 3M s’est rassemblé devant la mairie pour alerter les élus.

Réunissant une quarantaine de collectifs, associations et personnalités, le comité dénonce les risques sanitaires liés à la combustion des déchets : dioxines, furanes, particules fines, métaux lourds et PFAS, mais aussi les risques liés à l’implantation du projet à Garosud, en zone urbanisée.

Pour Coralie Mantion, co-secretaire du groupe local EELV Les Écologistes de Montpellier, le paradoxe est particulièrement frappant en plein Octobre Rose : « Comment peut-on afficher des parapluies roses pour sensibiliser à la prévention du cancer et, dans le même temps, soutenir un projet industriel susceptible d’ajouter de nouvelles émissions polluantes dans notre environnement ? »

Réduire les déchets ou construire pour les brûler ?

Le comité soulève également une question financière. Le projet représenterait environ 100 millions d’euros pour sa construction, alors même que la Métropole s’est engagée dans une stratégie de réduction des déchets. Comme le résume le comité : « Cette filière ne tient que si cette stratégie échoue : elle mise dessus. » Selon ses représentants, l’argent public devrait plutôt être consacré à la prévention, au réemploi, au tri et au recyclage.

Autre paradoxe : lors de la même séance, la Métropole défendait une candidature au Fonds vert pour « l’amélioration de la qualité de l’air dans les agglomérations à forts enjeux ». Difficile, pour les opposant·es, de demander des financements pour améliorer l’air tout en développant une nouvelle installation de combustion de déchets.

Les Écologistes interpellent les élus

De leur côté, Les Écologistes de la Métropole de Montpellier ont adressé une lettre ouverte aux élus communaux et métropolitains, les appelant à refuser le projet et à privilégier la réduction à la source, le réemploi, la réparation et le recyclage. « Prévenir les cancers ne peut pas se limiter à une campagne en octobre. La santé de nos habitantes et de nos habitants se protège toute l’année », écrivent-ils.

La consultation publique sur le projet doit débuter le 12 octobre 2026. Le débat est donc loin d’être clos.

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