Mouvement lycéen : Alors que l’on décompte plusieurs centaines de blessés, 6738 interpellations ( dont 87% de mineur·es) et plus de 2 000 poursuites judiciaires, le gouvernement français est appelé à la raison par plusieurs organismes importants de vigilance quant au respect des droits humains.
La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a tenu à rappeler dès le 6 octobre que la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique sont des piliers démocratiques intangibles, garantis par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE) et la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Elle a regretté la réponse « essentiellement policière et judiciaire apportée jusqu’ici à l’exercice de ces libertés par les lycéens » et constaté qu’elle « ne fait que creuser la défiance entre les forces de l’ordre et ces derniers, alors même qu’ils portent des revendications qualifiées de « légitimes » par le ministre de l’Éducation nationale ». Elle appelle les pouvoirs publics à « restaurer des canaux d’écoute et de concertation avec le mouvement lycéen, les organisations représentatives et l’ensemble de la communauté éducative ». Surtout, la CNCDH « s’inquiète du caractère manifestement disproportionné de certaines interventions policières et procédures judiciaires ciblant des jeunes. La réponse de l’État face aux troubles doit demeurer ciblée, nécessaire, proportionnée et adaptée à la vulnérabilité particulière du public lycéen ».
Cette inquiétude est également partagée au niveau international. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a déclaré lors d’une conférence de presse à Genève concernant les manifestations lycéennes en France. « Nous appelons chacun à veiller à ce qu’elles [ces manifestations] restent pacifiques et à ce qu’il n’y ait pas de recours disproportionné à la force de la part des forces de l’ordre. Le droit de réunion pacifique doit être respecté. »
Veiller à ce qu’il n’y ait pas de violence, c’est très exactement ce que font les élu·es, les syndicalistes, les parents d’élèves qui se déplacent devant les lycées et dans les manifestations. Pour l’instant, le ministre de l’Intérieur Nunez s’est contenté de suspendre l’usage des LBD tandis que le ministre de l’Education trouve miraculeusement 3 000 enseignants remplaçants. C’est un bon début.



