Y a-t-il une façade de la « résilience » qui masque la dépendance et les fractures du modèle agricole régional ? La 8e édition d’Agri’scopie Occitanie 2025, c’est 58 pages difficiles à consommer en un seul petit-déj et deux heures de conférence de presse. L’info est complète, détaillé et riche. Le tout offre l’image d’une agriculture régionale « résiliente », « adaptative » et « diversifiée ».
Publiée par la Chambre régionale d’agriculture et Cerfrance, cette édition, très dense, se rapproche parfois trop d’un exercice de communication. Sous une présentation policée, le décryptage chiffré révèle une réalité beaucoup plus préoccupante : impacts d’incendies à répétition, dérèglements climatiques, contexte international et géopolitique tendu (avec notamment une majoration de 15 % des droits de douane pour les exportations vers les États-Unis). Sans compter certaines pressions foncières masquées : via des opérations de compensation environnementale. On peut noter celles dues aux opérations d’infrastructures du type COM ou LIEN autour de Montpellier, qui feraient passer « la valeur des terres agricoles de 15 000 à 50 000 € l’hectare ». Lâchant cela entre deux questions, Denis Carretier, président de la Chambre régionale d’agriculture Occitanie, semble nourrir une forte animosité envers cette politique de compensation, qu’il accuse de priver nombre d’agriculteurs de la possibilité de mener des exploitations viables.
D’autant que l’équivalence écologique est difficile à établir : les milieux compensés ne reproduisent pas toujours les services écologiques perdus ni la biodiversité originale. Ces mesures compensatoires s’apparentent souvent à une forme de spéculation verte plus qu’à une véritable restauration. Bref ! Tout n’est pas rose en Occitanie. Ajouter à cela l’eau, plutôt le manque d’eau qui reste une question conflictuelle. Mais comme le dit Denis Carretier : « avec de l’eau, cette région sera l’Eldorado de l’Europe. » Reste à savoir à quel prix, et pour qui on ouvrira les vannes ? Rappelons sa réflexion, il y a quelques mois : « il ne faudrait pas que la sauce coûte plus cher que le poisson ». Or, s’il est bien un chiffre absent de cette Agri’scopie, c’est celui-là : le coût réel de l’eau, son évaluation et sa modélisation selon les différents scénarios climatiques à venir.
La suite de cet article est réservée aux abonné.es.
Accédez à la suite de l’article
Tous les articles, hors brèves, restent en libre accès pendant 7 jours après leur publication. Au-delà, leur lecture intégrale est réservée aux abonné.es.
"S'inscrire pour recevoir la newsletter Plurielle info"