« Gaza saigne, le monde regarde », grève de la faim itinérante pour la Palestine

Montpellier HUNGRY FOR JUSTICE IN PALESTINE - Photo - SH / PLURIELLE INFO
Montpellier HUNGRY FOR JUSTICE IN PALESTINE - Photo - SH / PLURIELLE INFO

Le 3 avril plusieurs médecins, militant·es, artistes et citoyen·nes engagé·es ont pris la parole pour alerter sur la situation génocidaire à Gaza et présenter leur mobilisation radicale : une grève de la faim itinérante, en France et en Europe, pour la Palestine.

Depuis le 31 mars, « HUNGRY FOR JUSTICE IN PALESTINE », un mouvement citoyen entame une grève de la faim et un jeûne solidaire à travers l’Europe, avec des étapes à Montpellier les 3 et 4 avril. Intégrant des soignants témoins à Gaza, cette action dénonce l’inaction de la France et de l’Union européenne face aux crimes perpétrés par le gouvernement israélien.

« Gaza saigne, le monde regarde » : c’est un texte dur qui a été lu, par Brigitte Challande rédactrice pour Altermidi, lors d’une conférence de presse à Montpellier, des mots bouleversants d’Abou Amir, coordinateur humanitaire gazaoui.

Autour de Pascal André, médecin urgentiste, plusieurs grévistes de la faim ont entamé une tournée à travers le pays. Leur objectif est de sensibiliser l’opinion publique, interpeller les élu·es et dénoncer l’inaction des institutions françaises et européennes face aux violations répétées du droit international humanitaire. Tous les intervenants ont en commun d’avoir vu Gaza de l’intérieur. Ils témoignent d’une réalité accablante : des hôpitaux détruits, des soignant·es ciblé·es, une population civile décimée. « Jamais un seul combattant n’a été soigné dans nos services », insistent-ils, balayant l’argument d’un Hamas prétendument infiltré dans les infrastructures médicales. « Ce sont des enfants, des femmes, des familles entières qui arrivent blessés par vagues. »

Une extermination silencieuse, un abandon politique et médiatique

Leurs récits, appuyés par les chiffres de The Lancet ou d’Amnesty International, dressent un bilan d’horreur : 10 000 disparus, 100 000 blessé·es graves, avec un taux record d’enfants amputés, plus de 64 000 morts, 270 000 logements détruits, des dizaines d’hôpitaux anéantis et un blocus humanitaire total depuis mars. Une extermination silencieuse, dénoncent-ils, qualifiée de génocide par la Cour internationale de justice.

Face à ce qu’ils diagnostiquent comme un abandon politique et médiatique, les membres du collectif ont décidé de « mettre leurs corps en travers de ce génocide ». À défaut de pouvoir retourner soigner à Gaza, ils font le choix du jeûne prolongé, jusqu’à ce que des objectifs précis soient atteints : arrêt de la coopération militaire entre la France et Israël, exclusion des entreprises israéliennes des salons d’armement comme Le Bourget.

Apolitiques et laïques, ils entendent fédérer au-delà des cercles de convaincus. « Nous voulons parler à ceux qui ne veulent pas voir. À ceux qui cautionnent l’inacceptable », insiste Pascal André. Le collectif appelle à une « synergie citoyenne » : citoyen·nes, juristes, artistes, médecins, journalistes et représentants cultuels sont invité·es à rejoindre le mouvement et « d’arrêter de mettre la tête dans le sable et de faire les autruches. »

Un appel aux artistes et au monde culturel

Un regret : l’absence remarquée des artistes, pourtant sollicité·es. Le collectif déplore leur silence et appelle à leur engagement : « Un soutien visible de personnalités connues peut faire basculer l’opinion », espèrent-ils.

Idem du côté des responsables politiques « il faudrait du soutien affiché et plus important. » Certaines figures politiques se réfugient derrière une rhétorique bien rodée : « Ce n’est pas de notre ressort, c’est l’Europe », ou « C’est l’Allemagne qui bloque tout ». Des arguments jugés irrecevables par les membres du collectif, qui rappellent que la France, signataire de la Convention pour la prévention des génocides, a l’obligation légale de prévenir un génocide, et ce dès que l’intention génocidaire est manifeste. « Ce n’est pas une opinion, c’est un devoir ! »

« Nous ne sommes pas des héros. Nous sommes des témoins. Et nous n’attendrons pas trente ans pour que la vérité éclate », explique Pascal André, en souhaitant que cette initiative réunisse un grand nombre de participants.

« HUNGRY FOR JUSTICE IN PALESTINE » demande des sanctions immédiates, conformément au droit international, pour stopper ce que l’ONU qualifie de « crimes d’extermination ». Ce mouvement, indépendant de toute organisation politique, appelle à une mobilisation éthique et pacifique pour la justice en Palestine.

Share via
Copy link