17 octobre : des lycéen·nes aux Gilets Jaunes, la colère de citoyen·nes abusé·es par Macron

Gilets Jaunes : "on ne gaze pas nos jeunes" Montpellier 2018 - Photo - Archives JPV PLURIELLE INFO
Gilets Jaunes : "on ne gaze pas nos jeunes" Montpellier 2018 - Photo - Archives JPV PLURIELLE INFO

À Paris comme à Montpellier, samedi 17 octobre 2026 pourrait marquer un tournant dans la mobilisation sociale. Après cinq journées de contestation lycéenne, les appels à rejoindre les Gilets jaunes se multiplient. Derrière cette convergence, une colère plus profonde : celle d’une France qui n’entend pas offrir à Emmanuel Macron une sortie de scène sans jugement politique sur son bilan.

Le mouvement lycéen marque une pause, mais n’a pas dit son dernier mot. À Rennes, les élèves organisent des rotations pour éviter l’épuisement. Les vacances de la Toussaint, vendredi soir, pourraient même devenir une occasion de préparer la suite. « On sait que le gouvernement compte sur les vacances pour que le mouvement s’arrête, mais c’est aussi un moment qui peut permettre de s’organiser mieux et de revenir plus fort », expliquait une lycéenne sur France Télévisions. Samedi 17 octobre, à Paris, un rassemblement est annoncé à 13 heures, place de l’Opéra, avant un départ prévu vers Bastille à 14 h 30. À Montpellier, l’appel fixe rendez-vous à 14 heures, place de la Comédie. Des horaires qui restent à confirmer…

7 950 gardes à vue, et Macron reconnaît des « angoisses légitimes »

7 950 gardes à vue, dont 85 % de mineurs, depuis le début du mouvement lycéen. Selon le bilan judiciaire arrêté au 13 octobre, 2 735 poursuites ont été engagées et 26 personnes placées en détention provisoire. Une réponse pénale d’une ampleur considérable, face à des jeunes qui défendent la qualité de l’enseignement.

Mercredi 14 octobre, près de 200 lycées restaient fermés. La veille, entre 161 500 manifestant·es, selon l’Intérieur, et 480 000, selon l’intersyndicale, avaient défilé. Emmanuel Macron reconnaît des « angoisses légitimes », mais dénonce leur exploitation politique. Les lycéen·nes réclament 10 milliards d’euros d’investissements. Leurs représentant·es rencontrent les ministres ce jeudi à 17 h 30.

Et samedi 17 octobre ? Plusieurs organisations appellent à rejoindre les Gilets Jaunes. Après cinq journées de mobilisation, la jeunesse cherche désormais à élargir la contestation sociale.

Lycéens aujourd’hui, Gilets Jaunes demain

La référence à 2018 n’a rien d’anecdotique. Les Gilets Jaunes dénonçaient la vie chère, les inégalités et le mépris social. Huit ans plus tard, des lycéen·nes découvrent les mêmes inquiétudes avant même leur entrée dans la vie active.

« On est les travailleurs de demain. Les Gilets Jaunes, ça peut très bien être nous, demain », confie un jeune manifestant à France info. Ils et elles sont déjà traité·es comme tels, éborgné·es et main arrachée…  Emploi, logement, pouvoir d’achat : derrière la défense de l’école, c’est la place de toute une génération dans la société qui se pose. Et l’appel à la mobilisation du 17 est explicite : « Gilets jaunes, Gen Z, Indigné·es, paysan·nes, pompier·es, ouvrier·es, profs, soignant·es, défenseur·euses du climat, habitant·es des quartiers, retraité·es : le samedi 17 octobre, partout, nos luttes s’organisent, nos revendications s’expriment et nos solidarités se construisent. »

Qui décide de la qualité de l’avenir ?

Il existe dans l’inconscient politique français, un désir que les sondages ne mesurent pas : celui de ne pas laisser Emmanuel Macron quitter l’Élysée sous les applaudissements protocolaires. La disgrâce politique s’installe : celle d’un président dont une partie du pays voudrait faire le procès du bilan, sans violence, mais sans complaisance.

La Constitution organise la fin des mandats. Elle ne commande ni le pardon ni l’oubli. En 2018, les Gilets jaunes avaient occupé les ronds-points. En 2026, les lycéen·es occupent les établissements. Entre les deux : qui a décidé de la qualité de l’avenir ? Qui a volé le peuple ?

Informations pratiques

Dans l’Hérault, la mobilisation du 17 octobre ne se limite pas à Montpellier. Outre le rassemblement annoncé à 14 heures place de la Comédie, des appels circulent à Béziers, Pézenas, Ganges, Poussan, Le Bosc, Clermont-l’Hérault et au Crès. Rond-points, stations-service et zones commerciales retrouvent ainsi une place dans les lieux de rendez-vous, rappelant les premières mobilisations des Gilets jaunes en 2018. Pour l’heure, ces initiatives figurent sur une carte participative et leur tenue reste à confirmer. Pour retrouver les lieux, les horaires et les appels partout en France, consultez la carte nationale des mobilisations du 17 octobre.

 

 

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