À Montpellier, protéger les poissons et apprendre aux enfants à les pêcher ne font pas bon ménage. Au conseil métropolitain du 13 octobre, Eddine Ariztegui s’oppose à une convention avec la Fédération de pêche de l’Hérault. Sans remettre en cause les études scientifiques sur les anguilles du Lez, l’élu animaliste dénonce les activités d’initiation à la pêche que cette même fédération propose aux enfants.
Le texte associe des actions de suivi écologique, notamment sur les anguilles du Lez, et des interventions pédagogiques dans les écoles primaires. L’élu distingue clairement les deux activités. Il ne conteste pas « les études et les suivis scientifiques des passes en anguille », mais refuse que l’argent public contribue à promouvoir la pêche auprès des enfants.
« À cet âge, les enfants des écoles primaires se construisent leur système de valeurs et leur représentation de ce qu’est la normalité. Ce n’est pas normal de tuer », déclare-t-il. Il critique notamment la pêche no-kill, qui consiste à capturer puis relâcher les poissons. « C’est une forme d’endoctrinement que nous ne cautionnons pas », affirme-t-il. Et rappelle, avec une formule destinée à marquer les esprits : « S’ils avaient des cordes vocales, nous pourrions entendre leurs cris et leurs hurlements de douleur ou d’agonie. »
Michaël Delafosse lui répond : « Je connais vos convictions sur ce sujet. Elles sont respectables. Je ne les partage pas. » La convention est adoptée malgré neuf votes contre et sept abstentions, selon le décompte annoncé en séance.
Six jours plus tôt, lors du conseil municipal du 6 octobre, Ariztegui avait déjà voté contre une subvention à l’association Les Chevaliers de la Gaule. Deux assemblées, deux décisions distinctes, avec une même ligne politique pour l’élu animaliste : refuser de financer l’apprentissage de la pêche aux enfants.
