L’IGPN, « la police des polices », a rendu public mercredi 23 septembre son rapport annuel portant sur l’année 2025. Celui-ci révèle une forte augmentation des enquêtes relatives à la probité et à la corruption ainsi que du nombre de blessures graves infligées par des policiers. Le nombre de morts qui place la France en tête des classements européens, a baissé lui de 16 à 12.
En 2025, l’IGPN a été saisie de 341 atteintes à la probité – corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, favoritisme, détournement de fonds publics et violation du secret professionnel, entre autres – contre 234 l’année précédente ce qui constitue un record jamais étteint.
Dans le détail, il y a eu 136 infractions pour détournement de fichiers (contre 75 en 2024), principalement la consultation de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), du système d’immatriculation des véhicules (SIV) ainsi que du fichier des personnes recherchées (FPR), 117 infractions pour violations du secret professionnel (93 en 2024) et 88 infractions qui visaient des faits de corruption (66 en 2024).
L’inspection générale de la police nationale enregistre par ailleurs une baisse du nombre de morts liés à des tirs par arme à feu des policiers, avec 12 morts en 2025 contre 16 l’année précédente. En revanche, 86 blessés graves ont été recensés ( contre 72 en 2024) soit une augmentation de 19 %. Au total, le nombre d’enquêtes judiciaires est en légère hausse avec 1 007 enquêtes en 2025 (914 en 2024), dont 322 liées à l’usage de la force (428 en 2014).
Ces résultats dont on imagine qui se situent en deçà de la réalité constituent une sérieuse alerte sur les tendances violentes des pratiques policières renforcées par un sentiment d’immunité que viendrait dangereusement renforcer la loi dite « permis de tuer » si elle venait à être adoptée.



