Une urgence : reconnaitre le rôle essentiel des sages-femmes

Sage-femme, une profession à mettre au coeur du suivi des grossesses - Photo DR
Sage-femme, une profession à mettre au coeur du suivi des grossesses - Photo DR

Nous savons depuis plusieurs années que la France présente de très mauvais résultats en termes de mortalité infantile et la situation ne s’améliore pas, faute de mise en œuvre de mesures adaptées par les différents gouvernements qui se sont succédés. Nous avons donc besoin de changements radicaux dans le suivi des grossesses.

En effet, nous disposons d’une profession, les sages-femmes, dont la durée des études a été portée à 6 ans avec des compétences élargies. Il est urgent de placer cette profession au centre du suivi des grossesses, ce d’autant que seules 20 % sont considérées comme à risque et nécessitent une expertise médicale spécialisée.

Assurer coordination et continuité du suivi de chaque grossesse

Une des tares du système français est en effet la multiplicité des intervenants qui est source d’un manque de coordination, avec trop souvent une perte d’informations nuisible. La proposition est que chaque femme soit accompagnée par une sage-femme identifiée tout au long de sa grossesse. Cette continuité est d’ailleurs recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour les grossesses normales, car elle améliore la qualité du suivi, permet une détection plus précoce des éventuelles difficultés et réduit les interventions inutiles.

Le problème de fond sur ce sujet est que le pouvoir de décision concernant les organisations repose exclusivement sur les médecins. Mais le monde a changé et le système de santé fonctionne aujourd’hui grâce à des professionnels de différents métiers dont les qualifications et les compétences ont évolué. Or, cette partie de la profession médicale qui s’arc-boute sur une hiérarchie des professions avec la médecine au sommet de la pyramide bloque des évolutions nécessaires pour mieux répondre aux besoins de la population. Car regardons effectivement qui s’occupe réellement des femmes dans les hôpitaux. Ce sont bien les sages-femmes qui assurent un grand nombre de consultations et réalisent seules la majorité des accouchements.

Mettre les sage-femmes et non plus les médecins au coeur de la prise en charge des femmes enceintes

Une telle évolution ne constitue en aucun cas une dégradation de la prise en charge des femmes enceintes. Bien au contraire, car les sage-femmes sont devenues aujourd’hui une profession de la santé des femmes qui peut intervenir en amont du projet d’enfant jusqu’au suivi après la naissance.

Il y a donc urgence à engager un grand plan pour assurer un accompagnement adapté des femmes avant, pendant et après la naissance. Il devra prendre en compte l’ensemble des éléments du dossier, notamment le rôle et la place de chacun, à l’hôpital et à l’extérieur de l’hôpital. Pour cela la profession de sage-femme, qui est une profession médicale à part entière, doit voir sa place évoluer dans le système de santé, tant en termes de positionnement central dans le suivi des grossesses, que de rémunération et de reconnaissance pleine et entière de ses compétences par le monde médical.

Alors assez de discours, madame la ministre de la Santé, passons aux actes car les dysfonctionnements de notre système de santé dans le domaine de la périnatalité sont suffisamment documentés et des solutions existent.

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